"OUTREMERS "
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"OUTREMERS "
Après la Guadeloupe, la Martinique touchée par la crise
jeudi 5 février 2009 (10h37)

Douze syndicats martiniquais regroupés au sein d’une intersyndicale lancent un appel à la grève générale pour le jeudi 5 février 2009. Pour cette intersyndicale (CDMT, CFDT, CFTC, CGTM, CGTM-FSM, CSTM, UGTM, UNSA, CFE-CGC, FSU, SMBEF et SUD-PTT), il s’agit de créer "un rassemblement pour un puissant mouvement d’ensemble pour exiger une véritable amélioration de nos conditions de vie et de travail".
Dans un communiqué, elle qualifie la situation en Martinique d’"extrêmement critique". Selon l’intersyndicale, "70 000 Martiniquais vivent en dessous du seuil de pauvreté et le pouvoir d’achat ne cesse de diminuer" alors que l’on assiste à une "multiplication des licenciements et de la précarisation". Une situation qui "touche les salariés de tous les secteurs d’activité et de toutes les catégories, les retraités, les chômeurs et les personnes à handicap", indique encore l’intersyndicale.
Par ailleurs, les organisations membres de l’intersyndicale ont élaboré une "plate-forme revendicative en onze points". La plate-forme revendicative, accompagnée d’une demande d’audience, a été adressée, mardi, aux présidents des conseils général et régional, de l’association des maires ainsi qu’au préfet de Région, selon un responsable syndical.
Dans la perspective de la grève générale, certaines grandes surfaces et stations d’essence ont été prises d’assaut dès mardi soir, à Fort-de-France notamment. Plusieurs mairies ont annoncé la fermeture, jeudi, des services de garderies et de restauration scolaire, voire de tous les services communaux en solidarité avec la grève générale.
http://www.lemonde.fr/societe/artic... ( source : site BELLACIAO )
jeudi 5 février 2009 (10h37)


Douze syndicats martiniquais regroupés au sein d’une intersyndicale lancent un appel à la grève générale pour le jeudi 5 février 2009. Pour cette intersyndicale (CDMT, CFDT, CFTC, CGTM, CGTM-FSM, CSTM, UGTM, UNSA, CFE-CGC, FSU, SMBEF et SUD-PTT), il s’agit de créer "un rassemblement pour un puissant mouvement d’ensemble pour exiger une véritable amélioration de nos conditions de vie et de travail".
Dans un communiqué, elle qualifie la situation en Martinique d’"extrêmement critique". Selon l’intersyndicale, "70 000 Martiniquais vivent en dessous du seuil de pauvreté et le pouvoir d’achat ne cesse de diminuer" alors que l’on assiste à une "multiplication des licenciements et de la précarisation". Une situation qui "touche les salariés de tous les secteurs d’activité et de toutes les catégories, les retraités, les chômeurs et les personnes à handicap", indique encore l’intersyndicale.
Par ailleurs, les organisations membres de l’intersyndicale ont élaboré une "plate-forme revendicative en onze points". La plate-forme revendicative, accompagnée d’une demande d’audience, a été adressée, mardi, aux présidents des conseils général et régional, de l’association des maires ainsi qu’au préfet de Région, selon un responsable syndical.
Dans la perspective de la grève générale, certaines grandes surfaces et stations d’essence ont été prises d’assaut dès mardi soir, à Fort-de-France notamment. Plusieurs mairies ont annoncé la fermeture, jeudi, des services de garderies et de restauration scolaire, voire de tous les services communaux en solidarité avec la grève générale.
http://www.lemonde.fr/societe/artic... ( source : site BELLACIAO )

rachel- Rang: Administrateur
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Re: "OUTREMERS "
GRÈVE EN GUADELOUPE
Générale, unitaire et déterminée
Rouge n° 2285, 05/02/2009
La mobilisation par la grève générale des Guadeloupéens contre la vie chère et le chômage est historique. Patrice Ganot, membre de la Centrale des travailleurs unis (CTU), président d’Attac-Guadeloupe et secrétaire du Cercasol (équivalent du NPA), en fait pour nous l’analyse.
L’importante manifestation du samedi 24 janvier s’est prolongée, le dimanche, par un déboulé1 dans les rues de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre. Un de nos députés-maires, participant à la grande négociation au CWTC, le bâtiment mis à disposition par la Chambre de commerce de Pointe-à-Pitre, citait Victor Hugo : « Une foule n’est pas le peuple mais […] la foule que j’ai vue dans les rues de Pointe-à-Pitre ressemblait étonnamment au peuple de la Guadeloupe. » Les chiffres de participants à cette manifestation de samedi ont varié de 8 000 à 25 000, mais l’ampleur en était telle que le chiffre de 25 000, annoncé par le collectif Liyannaj kont pwofitasyon (LKP, « Collectif contre l’exploitation outrancière ») n’a fait l’objet d’aucune contestation.
Que dire alors de la manifestation du vendredi 30 janvier ? Là, plus besoin de convoquer Victor Hugo. Ce n’était pas une foule qui était dans la rue, mais véritablement tout le peuple de Guadeloupe. À ce stade, les chiffres et l’écart, toujours important entre les estimations des manifestants et celles de la police, n’ont plus aucun sens. Au bout de dix jours de grève générale, la Guadeloupe était plus que jamais mobilisée et, malgré la raréfaction du carburant, tenait à le faire savoir.
Solidarité
L’appel lancé, en novembre, par le syndicat majoritaire, l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), aux autres structures syndicales, aux associations et aux partis politiques progressistes, n’a cessé de s’étoffer. Officiellement, on compte 49 signataires mais, en réalité, beaucoup d’autres groupes ou associations ont rejoint le mouvement, sans pour autant estimer nécessaire que leur sigle figure au bas de la plateforme. C’est le cas de notre mouvement, le Cercasol (Cercle d’action solidaire), qui est en construction et en train d’élaborer sa charte politique.
Le point de départ affiché a été le coût anormalement élevé des carburants, mais le fond touche à la situation économique, sociale, sociétale et donc politique de la Guadeloupe. Il y a aussi le sentiment, pas toujours clairement identifié par l’ensemble de la population, que la situation de la Guadeloupe – qui peut, sous l’angle simplement social (pouvoir d’achat, cherté) s’apparenter à celle des Français dans l’Hexagone –, revêt, au-delà de la difficulté à joindre les deux bouts, un caractère particulier.
Le Liyannaj (« tissage de liens solidaires » en créole) – je suppose que le dictionnaire de l’académie finira par intégrer ce mot – a apporté, dans la plateforme de négociation du collectif, des revendications dont l’étendue est à la mesure de la diversité de ses composantes. La transversalité de la plateforme (le mot a été utilisé par le représentant du Medef) conduit la plupart des élus interrogés par la presse à dire qu’elle déborde le cadre institutionnel actuel de la Guadeloupe.
Avec le terme de pwofitasyon, qui désigne la pression et l’exploitation qu’un plus fort exerce sur un plus faible, le collectif représentant le peuple, singulièrement ses couches les plus défavorisées, s’inscrit dans une perspective de la lutte de classe. Il en est ainsi de l’exigence de relèvement de 200 euros des bas salaires, des minima sociaux, etc. Il s’agit, ni plus ni moins, de rendre un peu plus équitable la redistribution des richesses.
Ferveur populaire
Mais, au-delà, la question politique des institutions et du statut de la Guadeloupe est posée. Le collectif a, dès le début, signifié cette dimension en exigeant que les négociations se fassent avec trois partenaires réunis face à lui : les collectivités, le patronat et l’État. Malgré les appels réitérés pour que le collectif « négocie avec chaque partenaire, séparément, les points qui le concernent », celui-ci a tenu bon et, renforcé par la grande manifestation du 24 janvier, a obtenu que les négociations s’ouvrent, dans l’après-midi, avec la configuration à quatre (collectif, patrons, État, élus).
Si un psychologue a pu, dans une interview, au début du mouvement (il s’est bien gardé par la suite de réitérer ses propos), prétendre que des mouvements de ce genre délitaient le lien social à cause des gênes occasionnées par la grève générale, c’est qu’il n’était pas sur le terrain. C’est qu’il n’a pas constaté, comme j’ai pu le faire, la ferveur populaire qui s’exprimait au passage du convoi de notre syndicat. Ainsi, lors d’une de nos journées d’action (chaque jour, nous innovons), nous avions placé devant les voitures, pour une opération molokoï2, une équipe de cyclistes précédés de deux motards. On pouvait se croire, en traversant les quartiers avec la population massée au bord des routes à l’appel de nos klaxons et sirènes de mégaphone, dans une caravane du tour cycliste, un des événements sportifs les plus populaires en Guadeloupe.
En fait de délitement du lien social, la Guadeloupe est de plus en plus mobilisée et s’organise pour s’adapter aux contraintes que génère une telle mobilisation. Alors que le mouvement a débuté autour du prix des carburants et que le prix à la pompe a baissé, dès la mi-décembre, il est, en tout premier lieu, extraordinaire de constater que les Guadeloupéens redécouvrent qu’ils peuvent utiliser leurs jambes pour se déplacer et, les stations d’essence étant fermées3, organiser du covoiturage pour se rendre, notamment, aux manifestations éloignées de leurs domiciles.
Les solutions alternatives s’imposent presque d’elles-mêmes. C’est, par exemple, cet agriculteur qui vient expliquer à la radio qu’il a quatre hectares de tomates qu’il devra détruire, car il n’a plus le réseau de distribution pour les écouler et qui, dans le quart d’heure qui suit, fait passer un communiqué indiquant qu’il vendra sa production sur le marché de nuit de sa commune.
La question agricole est très présente dans le débat et se retrouve dans les points de revendications de la plateforme. Face à la « gêne » occasionnée par la fermeture des grandes et moyennes surfaces qui, depuis des décennies, entraînent la population à se nourrir en majeure partie de denrées extérieures, le monde agricole rappelle qu’un pays doit avoir une agriculture capable de nourrir ses habitants. Il en est de même de la pêche. Les quatre syndicats agricoles de la Guadeloupe, souvent divisés notamment pour conquérir la chambre d’agriculture, se retrouvent aujourd’hui unis et vêtus du même tee-shirt et adhèrent ensemble au principe du slogan, utilisé par l’un d’entre eux pour les dernières élections à la chambre, « Pou jaden annou pa pousé si bato » (« Pour que notre jardin ne soit pas cultivé sur un bateau »). Et d’organiser des marchés plus ou moins improvisés de paniers de fruits et légumes dans les différentes communes.
Dans la rue, dans les quartiers, une parole rénovée trouve toutes les bouches et les oreilles nécessaires à son éclosion. Des forums s’improvisent. Le verbe supplante l’économie de consommation débilitante.
Négociations en direct
La Guadeloupe suit la négociation à la télévision ou à la radio, en semi-direct le samedi 24 janvier, puis en direct les trois jours suivants. Jusqu’à ce que, mercredi 21 janvier au soir, le préfet, suivant les ordres du gouvernement, rompe unilatéralement la négociation en quittant la salle après avoir lu une note du secrétaire d’État à l’Outre-mer, Yves Jégo, ne répondant en rien aux questions posées. Ce véritable affront a été lavé par les Guadeloupéens avec la manifestation du vendredi 30 janvier où jamais, de mémoire de militants, on n’a vu pareille marée humaine dans la rue.
Au moment où ces lignes sont écrites, en ces heures matutinales du dimanche 25 janvier, treizième jour du mouvement, Yves Jégo, qui a préféré se rendre à la Réunion pour inaugurer une station photovoltaïque plutôt que de venir participer aux négociations chez nous, est finalement attendu. Il aura voyagé dans un avion militaire. Quel tour prendra la suite des événements ? La négociation reprendra-t-elle ? Une chose est sûre, si elle reprend, les Guadeloupéens ne comprendront pas qu’elle redémarre à huis clos. Ils attendent que reprenne ce magnifique exercice de pédagogie à la démocratie que furent ces quatre jours de feuilleton télévisé des négociations, le plus passionnant qu’il ne leur a jamais été donné de suivre à la télévision. Et pour cause, ils n’ont pas besoin de s’identifier à tel ou tel personnage d’une quelconque fiction, c’est leur avenir qui se construit sous leurs yeux, et ils ont le sentiment fort de participer à cette construction.
Je ne puis m’empêcher de trouver extraordinaire que ce mouvement, quelle que soit sa suite, véritablement historique pour la Guadeloupe, se déroule au moment où tous les altermondialistes de la planète sont réunis à Belém, dans le cadre du Forum social mondial. J’en profite pour remercier les camarades de la délégation martiniquaise qui, d’après ce que j’ai appris, ont excusé l’absence des Guadeloupéens. Beaucoup d’entre nous, en tout cas les militants du syndicat CTU, d’Attac-Guadeloupe, dont les banderoles et les pancartes indiquaient la présence dans toutes les manifestations, et du Cercasol, pensant global, se sont retrouvés pour agir local.
Enfin, il y a des jours où il faut faire fi de la modestie : le Che voulait allumer des Viêt-nam aux quatre coins de la planète, souhaitons que de nombreuses Guadeloupe s’allument, déjà en France et, pourquoi pas, en Europe. ■
Les principales revendications du collectif LKP (Liyannaj kont pwofitasyon)
► Relèvement immédiat et conséquent d’au moins 200 euros, des bas salaires, des retraites et des minima sociaux afin de relancer le pouvoir d’achat, de soutenir la consommation des produits guadeloupéens et plus généralement la demande.
► Relèvement immédiat du Smic, des salaires du secteur privé, des traitements de la fonction publique, du minimum vieillesse, des minima sociaux.
► Salaire minimum guadeloupéen calculé sur le coût réel de la vie en Guadeloupe.
► Création d’un bureau d’études ouvri­ères, chargé de calculer l’évolution des prix des produits réellement consommés par les travailleurs.
► Réductions d’impôts fondées sur la justice fiscale.
l Baisse significative de toutes les taxes et marges sur les produits de première nécessité et sur les transports.
► Baisse des taux de la taxe sur les carburants.
► Suppression de la taxation des produits locaux.
► Transparence sur la fixation des prix de l’eau, des transports, des carburants, des loyers, du gaz, de l’électricité, des nouvelles technologies de l’information et de communication
► Contamination des terres par la chlordécone : mesures sanitaires et indemnisations des victimes.
• La plateforme complète est sur http://ugtg.org/article_700.html
Les médias et le silence colonial
Il aura fallu attendre plus de dix jours pour que les médias commencent à s’intéresser à la grève générale en Guadeloupe. Une île paralysée, des dizaines de milliers de gens dans la rue, des centaines de militaires envoyés en renfort : silence radio, jusqu’à l’annonce de l’arrivée d’Yves Jégo, secrétaire d’État à l’Outre-mer qui, lui aussi, a mis du temps à se bouger. Depuis le 31 janvier, la presse et les télés ont enfin leurs envoyés spéciaux. Mais, en dehors de quelques bons reportages qui font découvrir à la « métropole » que, là-bas, il n’y a pas que le soleil et la danse, mais aussi une détresse sociale avec du chômage et des prix exorbitants, il y a le reste. C’est-à-dire des récits de touristes ou d’industriels du tourisme qui se plaignent de la grève qui gêne leurs loisirs ou leur commerce… les pauvres ! Décidément, le temps des colonies n’est pas fini. ■
De Pointe-à-Pitre, Patrice Ganot
1. Expression liée au carnaval, où une foule en liesse « déboule » dans les rues. À Pointe-à-Pitre comme à Basse-Terre, le carnaval a pris un tour politique en étant placé par le collectif et l’ensemble de la population sous les thèmes de konsyans (« conscience ») et kont pwofitasyon (« lutte contre les profiteurs »).
2. Mot créole désignant une espèce de tortue et, métaphoriquement, quelqu’un de très lent.
3. Les gérants de station sont en conflit avec certaines compagnies pétrolières en marge du grand mouvement social dont, il faut le dire, ils espèrent qu’il les aidera à obtenir satisfaction.
Générale, unitaire et déterminée
Rouge n° 2285, 05/02/2009
La mobilisation par la grève générale des Guadeloupéens contre la vie chère et le chômage est historique. Patrice Ganot, membre de la Centrale des travailleurs unis (CTU), président d’Attac-Guadeloupe et secrétaire du Cercasol (équivalent du NPA), en fait pour nous l’analyse.
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Photothèque Rouge/Frédéric Gircour |
L’importante manifestation du samedi 24 janvier s’est prolongée, le dimanche, par un déboulé1 dans les rues de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre. Un de nos députés-maires, participant à la grande négociation au CWTC, le bâtiment mis à disposition par la Chambre de commerce de Pointe-à-Pitre, citait Victor Hugo : « Une foule n’est pas le peuple mais […] la foule que j’ai vue dans les rues de Pointe-à-Pitre ressemblait étonnamment au peuple de la Guadeloupe. » Les chiffres de participants à cette manifestation de samedi ont varié de 8 000 à 25 000, mais l’ampleur en était telle que le chiffre de 25 000, annoncé par le collectif Liyannaj kont pwofitasyon (LKP, « Collectif contre l’exploitation outrancière ») n’a fait l’objet d’aucune contestation.
Que dire alors de la manifestation du vendredi 30 janvier ? Là, plus besoin de convoquer Victor Hugo. Ce n’était pas une foule qui était dans la rue, mais véritablement tout le peuple de Guadeloupe. À ce stade, les chiffres et l’écart, toujours important entre les estimations des manifestants et celles de la police, n’ont plus aucun sens. Au bout de dix jours de grève générale, la Guadeloupe était plus que jamais mobilisée et, malgré la raréfaction du carburant, tenait à le faire savoir.
Solidarité
L’appel lancé, en novembre, par le syndicat majoritaire, l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), aux autres structures syndicales, aux associations et aux partis politiques progressistes, n’a cessé de s’étoffer. Officiellement, on compte 49 signataires mais, en réalité, beaucoup d’autres groupes ou associations ont rejoint le mouvement, sans pour autant estimer nécessaire que leur sigle figure au bas de la plateforme. C’est le cas de notre mouvement, le Cercasol (Cercle d’action solidaire), qui est en construction et en train d’élaborer sa charte politique.
Le point de départ affiché a été le coût anormalement élevé des carburants, mais le fond touche à la situation économique, sociale, sociétale et donc politique de la Guadeloupe. Il y a aussi le sentiment, pas toujours clairement identifié par l’ensemble de la population, que la situation de la Guadeloupe – qui peut, sous l’angle simplement social (pouvoir d’achat, cherté) s’apparenter à celle des Français dans l’Hexagone –, revêt, au-delà de la difficulté à joindre les deux bouts, un caractère particulier.
Le Liyannaj (« tissage de liens solidaires » en créole) – je suppose que le dictionnaire de l’académie finira par intégrer ce mot – a apporté, dans la plateforme de négociation du collectif, des revendications dont l’étendue est à la mesure de la diversité de ses composantes. La transversalité de la plateforme (le mot a été utilisé par le représentant du Medef) conduit la plupart des élus interrogés par la presse à dire qu’elle déborde le cadre institutionnel actuel de la Guadeloupe.
Avec le terme de pwofitasyon, qui désigne la pression et l’exploitation qu’un plus fort exerce sur un plus faible, le collectif représentant le peuple, singulièrement ses couches les plus défavorisées, s’inscrit dans une perspective de la lutte de classe. Il en est ainsi de l’exigence de relèvement de 200 euros des bas salaires, des minima sociaux, etc. Il s’agit, ni plus ni moins, de rendre un peu plus équitable la redistribution des richesses.
Ferveur populaire
Mais, au-delà, la question politique des institutions et du statut de la Guadeloupe est posée. Le collectif a, dès le début, signifié cette dimension en exigeant que les négociations se fassent avec trois partenaires réunis face à lui : les collectivités, le patronat et l’État. Malgré les appels réitérés pour que le collectif « négocie avec chaque partenaire, séparément, les points qui le concernent », celui-ci a tenu bon et, renforcé par la grande manifestation du 24 janvier, a obtenu que les négociations s’ouvrent, dans l’après-midi, avec la configuration à quatre (collectif, patrons, État, élus).
Si un psychologue a pu, dans une interview, au début du mouvement (il s’est bien gardé par la suite de réitérer ses propos), prétendre que des mouvements de ce genre délitaient le lien social à cause des gênes occasionnées par la grève générale, c’est qu’il n’était pas sur le terrain. C’est qu’il n’a pas constaté, comme j’ai pu le faire, la ferveur populaire qui s’exprimait au passage du convoi de notre syndicat. Ainsi, lors d’une de nos journées d’action (chaque jour, nous innovons), nous avions placé devant les voitures, pour une opération molokoï2, une équipe de cyclistes précédés de deux motards. On pouvait se croire, en traversant les quartiers avec la population massée au bord des routes à l’appel de nos klaxons et sirènes de mégaphone, dans une caravane du tour cycliste, un des événements sportifs les plus populaires en Guadeloupe.
En fait de délitement du lien social, la Guadeloupe est de plus en plus mobilisée et s’organise pour s’adapter aux contraintes que génère une telle mobilisation. Alors que le mouvement a débuté autour du prix des carburants et que le prix à la pompe a baissé, dès la mi-décembre, il est, en tout premier lieu, extraordinaire de constater que les Guadeloupéens redécouvrent qu’ils peuvent utiliser leurs jambes pour se déplacer et, les stations d’essence étant fermées3, organiser du covoiturage pour se rendre, notamment, aux manifestations éloignées de leurs domiciles.
Les solutions alternatives s’imposent presque d’elles-mêmes. C’est, par exemple, cet agriculteur qui vient expliquer à la radio qu’il a quatre hectares de tomates qu’il devra détruire, car il n’a plus le réseau de distribution pour les écouler et qui, dans le quart d’heure qui suit, fait passer un communiqué indiquant qu’il vendra sa production sur le marché de nuit de sa commune.
La question agricole est très présente dans le débat et se retrouve dans les points de revendications de la plateforme. Face à la « gêne » occasionnée par la fermeture des grandes et moyennes surfaces qui, depuis des décennies, entraînent la population à se nourrir en majeure partie de denrées extérieures, le monde agricole rappelle qu’un pays doit avoir une agriculture capable de nourrir ses habitants. Il en est de même de la pêche. Les quatre syndicats agricoles de la Guadeloupe, souvent divisés notamment pour conquérir la chambre d’agriculture, se retrouvent aujourd’hui unis et vêtus du même tee-shirt et adhèrent ensemble au principe du slogan, utilisé par l’un d’entre eux pour les dernières élections à la chambre, « Pou jaden annou pa pousé si bato » (« Pour que notre jardin ne soit pas cultivé sur un bateau »). Et d’organiser des marchés plus ou moins improvisés de paniers de fruits et légumes dans les différentes communes.
Dans la rue, dans les quartiers, une parole rénovée trouve toutes les bouches et les oreilles nécessaires à son éclosion. Des forums s’improvisent. Le verbe supplante l’économie de consommation débilitante.
Négociations en direct
La Guadeloupe suit la négociation à la télévision ou à la radio, en semi-direct le samedi 24 janvier, puis en direct les trois jours suivants. Jusqu’à ce que, mercredi 21 janvier au soir, le préfet, suivant les ordres du gouvernement, rompe unilatéralement la négociation en quittant la salle après avoir lu une note du secrétaire d’État à l’Outre-mer, Yves Jégo, ne répondant en rien aux questions posées. Ce véritable affront a été lavé par les Guadeloupéens avec la manifestation du vendredi 30 janvier où jamais, de mémoire de militants, on n’a vu pareille marée humaine dans la rue.
Au moment où ces lignes sont écrites, en ces heures matutinales du dimanche 25 janvier, treizième jour du mouvement, Yves Jégo, qui a préféré se rendre à la Réunion pour inaugurer une station photovoltaïque plutôt que de venir participer aux négociations chez nous, est finalement attendu. Il aura voyagé dans un avion militaire. Quel tour prendra la suite des événements ? La négociation reprendra-t-elle ? Une chose est sûre, si elle reprend, les Guadeloupéens ne comprendront pas qu’elle redémarre à huis clos. Ils attendent que reprenne ce magnifique exercice de pédagogie à la démocratie que furent ces quatre jours de feuilleton télévisé des négociations, le plus passionnant qu’il ne leur a jamais été donné de suivre à la télévision. Et pour cause, ils n’ont pas besoin de s’identifier à tel ou tel personnage d’une quelconque fiction, c’est leur avenir qui se construit sous leurs yeux, et ils ont le sentiment fort de participer à cette construction.
Je ne puis m’empêcher de trouver extraordinaire que ce mouvement, quelle que soit sa suite, véritablement historique pour la Guadeloupe, se déroule au moment où tous les altermondialistes de la planète sont réunis à Belém, dans le cadre du Forum social mondial. J’en profite pour remercier les camarades de la délégation martiniquaise qui, d’après ce que j’ai appris, ont excusé l’absence des Guadeloupéens. Beaucoup d’entre nous, en tout cas les militants du syndicat CTU, d’Attac-Guadeloupe, dont les banderoles et les pancartes indiquaient la présence dans toutes les manifestations, et du Cercasol, pensant global, se sont retrouvés pour agir local.
Enfin, il y a des jours où il faut faire fi de la modestie : le Che voulait allumer des Viêt-nam aux quatre coins de la planète, souhaitons que de nombreuses Guadeloupe s’allument, déjà en France et, pourquoi pas, en Europe. ■
Les principales revendications du collectif LKP (Liyannaj kont pwofitasyon)
► Relèvement immédiat et conséquent d’au moins 200 euros, des bas salaires, des retraites et des minima sociaux afin de relancer le pouvoir d’achat, de soutenir la consommation des produits guadeloupéens et plus généralement la demande.
► Relèvement immédiat du Smic, des salaires du secteur privé, des traitements de la fonction publique, du minimum vieillesse, des minima sociaux.
► Salaire minimum guadeloupéen calculé sur le coût réel de la vie en Guadeloupe.
► Création d’un bureau d’études ouvri­ères, chargé de calculer l’évolution des prix des produits réellement consommés par les travailleurs.
► Réductions d’impôts fondées sur la justice fiscale.
l Baisse significative de toutes les taxes et marges sur les produits de première nécessité et sur les transports.
► Baisse des taux de la taxe sur les carburants.
► Suppression de la taxation des produits locaux.
► Transparence sur la fixation des prix de l’eau, des transports, des carburants, des loyers, du gaz, de l’électricité, des nouvelles technologies de l’information et de communication
► Contamination des terres par la chlordécone : mesures sanitaires et indemnisations des victimes.
• La plateforme complète est sur http://ugtg.org/article_700.html
Les médias et le silence colonial
Il aura fallu attendre plus de dix jours pour que les médias commencent à s’intéresser à la grève générale en Guadeloupe. Une île paralysée, des dizaines de milliers de gens dans la rue, des centaines de militaires envoyés en renfort : silence radio, jusqu’à l’annonce de l’arrivée d’Yves Jégo, secrétaire d’État à l’Outre-mer qui, lui aussi, a mis du temps à se bouger. Depuis le 31 janvier, la presse et les télés ont enfin leurs envoyés spéciaux. Mais, en dehors de quelques bons reportages qui font découvrir à la « métropole » que, là-bas, il n’y a pas que le soleil et la danse, mais aussi une détresse sociale avec du chômage et des prix exorbitants, il y a le reste. C’est-à-dire des récits de touristes ou d’industriels du tourisme qui se plaignent de la grève qui gêne leurs loisirs ou leur commerce… les pauvres ! Décidément, le temps des colonies n’est pas fini. ■
De Pointe-à-Pitre, Patrice Ganot
1. Expression liée au carnaval, où une foule en liesse « déboule » dans les rues. À Pointe-à-Pitre comme à Basse-Terre, le carnaval a pris un tour politique en étant placé par le collectif et l’ensemble de la population sous les thèmes de konsyans (« conscience ») et kont pwofitasyon (« lutte contre les profiteurs »).
2. Mot créole désignant une espèce de tortue et, métaphoriquement, quelqu’un de très lent.
3. Les gérants de station sont en conflit avec certaines compagnies pétrolières en marge du grand mouvement social dont, il faut le dire, ils espèrent qu’il les aidera à obtenir satisfaction.

rachel- Rang: Administrateur
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Date d'inscription: 13/09/2004
Re: "OUTREMERS "
Les Guadeloupéens, sans doute bientôt suivis par les Martiniquais, nous montrent l'exemple : oui, face à la rapacité patronale et a ses valets politiques du gouvernement, la seule alternative des travailleurs est la lutte, le rapport de force. Que ce soit aux Antilles, ou ici, en France, les masses laborieuses, qui produisent les richesses, n'ont pas à payer une crise qui n'est pas la leur, par des licenciements, des fermetures d'usine, du chômage partiel, la vie chère, etc.
Vive la lutte des travailleurs Guadeloupéens et Martiniquais!
Vive la lutte des travailleurs Guadeloupéens et Martiniquais!
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Pedro- Blablateur(euse)
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Localisation: Petrograd
Date d'inscription: 13/09/2004
Re: "OUTREMERS "
Ce qui est tres encourageant dans ces luttes,c'est qu'elles ne sont pas récuppérées par des petits politicards nationalos,mais que ce sont des travailleurs qui s'organisent en tant que tels,et qui se situent clairement sur le terrain de la lutte de classe.
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Je sais que Dieu existe,j'l'avais pas vu et j'ai marché dedans.

Lucifer- Ragotier(e)
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Age: 62
Localisation: Capitale de la Belgique Gallo-Romaine
Date d'inscription: 08/08/2006

Re: "OUTREMERS "
Hier soir , petit moment de joie ; je passais chez un camarade quand une manifestante sur la " 6 " je crois a dit : " Oui , on continura en Martinique , à La Guadeloupe , à La Réunion ... et demain alors en métropole ... !!! " Va savoir ... !!! ( Une des fiertés des trotskistes a toujours été d'ètre anti_colonialistes ... alors ... )

rachel- Rang: Administrateur
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Date d'inscription: 13/09/2004
Re: "OUTREMERS "
Oui et en plus, je vous jure que là bas, ils prennent ça comme une grande fête ! c'est encore plus génial !

catherine H- Cancanier(e)
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Nombre de messages: 5684
Age: 48
Date d'inscription: 23/05/2007

Re: "OUTREMERS "
Ce matin , selon les titres en ligne de la presse , "des renforts de gendarmerie sont attendus en Guadeloupe " .

rachel- Rang: Administrateur
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Date d'inscription: 13/09/2004
Re: "OUTREMERS "
Ces salops vont s'offrir des vacances au soleil,et en plus toucher des"primes de mission""primes de risques et d'éloignement"pour eux c'est:"se baigner plus pour gagner plus"!
Il faut que nous nous mobilisions partout,pour que nos bourgeois"aient besoin"de gendarmes partout,"nos"syndicats ne doivent pas"négocier"avec le gouvernement,et attendre le mois de mars pour une journée de greve/manif,car c'est laisser les coudées libres a Sarkozy pour réprimer les travailleurs des DOM.
Il faut que nous nous mobilisions partout,pour que nos bourgeois"aient besoin"de gendarmes partout,"nos"syndicats ne doivent pas"négocier"avec le gouvernement,et attendre le mois de mars pour une journée de greve/manif,car c'est laisser les coudées libres a Sarkozy pour réprimer les travailleurs des DOM.
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Lucifer- Ragotier(e)
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Re: "OUTREMERS "
Source NPA ( déclaration publique en cours )
La situation dans les Antilles, en Guyanne et peut être à la Réunion est exceptionnelle. Elle nécessite notre solidarité. Nous avons proposé mardi à tous les partis de gauche d'organiser partout en France des rassemblements de soutien. Mais ça traîne un peu des pieds à Paris. Nous proposons de reproduire cette démarche partout où c'est possible.
Le meilleur soutien, c'est que nous agissions pour faire pareil sur tout le territoire. De ce point de vue, les luttes actuelles, et notamment celle qui touche les universités sont très importantes. Partout nos camarades y interviennent. Il faut organiser la solidarité autour, étendre partout où cela est possible et s'inscrire dans la préparation de la nouvelle journée du 19 mars qui sera une mobilisation d'ampleur exceptionnelle.

rachel- Rang: Administrateur
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Re: "OUTREMERS "
Source NPA :
A l'initiative du NPA, un rassemblement unitaire (qui si possible
partira en manifestation) est organisé LUNDI 16 FEVRIER à 18 h Place
Clichy en solidarité avec la grève générale en Guadeloupe et
Martinique et avec les mobilisations qui se préparent en Guyanne et à
la Réunion.
Ce rassemblement est d'ores et déja appelé par le Parti de Gauche, LO,
les Alternatifs, Alternative Libertaire, la Fédération et le NPA. Le
PCF y participera mais ne veut pas signer la déclaration unitaire. On
attend encore des réponses notamment celle des Verts.
Syndicats et associations contactés dans un premier temps ont décliné
la proposition au motif qu'ils organisent une réunion mardi prochain
et qu'ils ne souhaitent pas un appel commun avec les partis
politiques.
Prendront la parole à ce rassemblement, Jean-Luc Mélanchon, Arlette
Laguiller et Olivier Besancenot (première liste à compléter).
Nous demandons au maximum de militant-e-s d'être présent à cette
initiative de solidarité. Dans le contexte de mécontentement par
rapport à la politique antisociale du gouvernement, le soutien du NPA
à la lutte des peuples des Antilles et de la Réunion vise non
seulement à unifier les luttes des travailleurs et travailleuses mais
est aussi un devoir internationaliste.

Romane(Venise)- Blablateur(euse)
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Re: "OUTREMERS "
AFP - lundi 16 février 2009, 18h10
Guadeloupe: une cinquantaine de manifestants interpellés au 27e jour de grève
La Guadeloupe a connu une brusque poussée de tension lundi, les forces de l'ordre intervenant pour démanteler des barrages du "Collectif contre l'exploitation" (LKP), dont une cinquantaine d'activistes ont été interpellés, selon les autorités.
Alors que le mouvement de grève générale entrera mardi dans sa cinquième semaine, les militants ont coupé au petit matin routes et ponts en neuf points de l'île, selon la préfecture, dressant des barrages de palettes, branchages et cocotiers coupés sur des axes stratégiques.
Les forces de l'ordre ont immédiatement été envoyées sur place, lançant un petit jeu du chat et de la souris qui allait se prolonger une bonne partie de la journée, les manifestants remontant un peu plus loin les obstacles démontés.
Au total, une cinquantaine de personnes ont été interpellées, selon le procureur de la République Jean-Michel Prêtre. De source policière, 10 personnes étaient en garde à vue.
Selon la préfecture, les forces de l'ordre n'ont à aucun moment tiré de grenades lacrymogènes, mais des grévistes se sont plaint de violences lors des interpellations.
Au Gosier, près de Pointe-à-Pitre, un journaliste de l'AFP a vu une trentaine de gendarmes mobiles intervenir pour lever une série de petits barrages sur la rocade menant à Pointe-à-Pitre, où traînait même une baignoire renversée.
Dans une atmosphère tendue, des manifestants allaient et venaient, alors qu'un hélicoptère survolait la zone.
Les forces de l'ordre ont essuyé des jets de pierre et plusieurs manifestants, dont certains portaient cagoules et masques de chirurgie, ont été interpellés.
Un responsable du LKP, Alex Lollia, a bénéficié d'un arrêt de travail de cinq jours après avoir été blessé sur un barrage routier dégagé par la police.
"Les CRS sont arrivés en masse, ils ont commencé à nous frapper et à lancer des gaz lacrymogènes. C'était excessivement violent", a-t-il dit à des journalistes en sortant de l'hôpital, assurant avoir entendu des insultes racistes.
Jeudi, Elie Domota, leader du collectif, avait lancé une sévère mise en garde sur une télé locale en créole: "Si quelqu'un blesse un membre du LKP ou un manifestant guadeloupéen, il y aura des morts".
Devant le palais de la Mutualité, siège du LKP, Mirella Couri, employée au CHU de Pointe-à-Pitre, tee-shirt et bandeau rouge, s'indigne: "Il n'y a pas de respect envers nous. Est-ce parce qu'on est noirs?"
Pour sa collègue Malika Despointes, "on ne demande ni l'autonomie, ni l'indépendance, simplement du respect".
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, avait assuré que le gouvernement ferait "respecter l'état de droit", alors que des commerces sont régulièrement contraints à fermer par des militants, selon des témoignages.
Le LKP avait rejeté samedi la demande des présidents PS des collectivités territoriales, Victorin Lurel et Jacques Gillot, "d'assouplir" le mouvement.
La situation semble tout aussi bloquée dans la Martinique voisine, où la grève dure depuis 11 jours. Les négociations ont repris alors que de 8.000 (préfecture) à 15.000 (organisateurs) personnes ont manifesté dans les rues de Fort-de-france.
Le conflit a fait surgir au grand jour de nombreuses tensions dans ces départements d'outre-mer, au taux de chômage deux à trois fois plus élevé que la métropole pour un PIB par tête deux fois moindre.
La question de la répartition des richesses, en partie héritée de l'époque coloniale et d'une "économie de comptoir" selon M. Jégo, a également attisé les tension avec les "békés", descendants des colons blancs.

rachel- Rang: Administrateur
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Re: "OUTREMERS "
http://npa06ouest.over-blog.net/5-index.html PAGES 2 et 3 entre autres : VIDéOS

rachel- Rang: Administrateur
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