la LCR vue par la très adroite droite........

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la LCR vue par la très adroite droite........

Message par Romane(Venise) le Sam 2 Juil - 14:00

Edwy Plenel, le directeur de la rédaction du Monde, n’a jamais caché ses engagements de jeunesse. On lui doit cette honnêteté : « Il n’y a pas de mystère et encore moins de raison d’en faire des manières, écrit-il dans Secrets de jeunesse (Stock, 2001) : j’ai été trotskiste, et je n’ai même été que cela pendant dix ans », entre dix-sept et vingt-sept ans. « Le trotskisme comme expérience et comme héritage fait à jamais partie de mon identité, poursuit-il, non pas comme un programme ou comme un projet, mais comme un état d’esprit, une veille critique faite de décalage et d’acuité, de défaites et de fidélités. »

Historiquement, c’est la mise en liquidation judiciaire de Rouge, en 1979 (Rouge était alors quotidien), qui va précipiter plusieurs dizaines de ses journalistes vers d’autres titres : Le Monde, Libération, Le Matin – entre autres.

Car on aurait tort de “focaliser” sur Le Monde.

Christophe Nick, dont j’ai cité le livre en commençant, a interrogé de nombreux témoins. Par exemple, Marc Couty, ancien trotskiste et journaliste au Monde. Que dit-il ? « L’histoire de la presse française n’est faite que de jeunes qui ont tâté de la politique et qui ont poursuivi dans le journalisme. De 1960 à 1980, les militants étaient tous à l’extrême gauche. A une certaine époque, chaque groupuscule avait son quotidien ou son hebdomadaire. Des centaines de journalistes se sont ainsi formés sur le tas. Libé a longtemps absorbé les meilleurs maoïstes, tout en menant la vie dure aux trotskistes. Le Matin, lui, les a beaucoup accueillis. Le Monde a eu un temps de retard. »

Comment expliquer qu’ils aient trouvé si facilement à se recaser dans ces journaux ? Basile Karlinski, ex-trotskiste, ancien journaliste à Libé, avance une explication : « Il existe, c’est vrai, dans la presse française, un effet “anciens trotskistes”, dit-il. Le Monde n’est pas une exception, mais l’entrisme supposé d’un tel ou d’un tel n’y est pour rien. La réalité, c’est que le trotskisme, sans le vouloir ni le savoir, a réussi à être une (pas trop mauvaise) école de journalisme. Les trotskistes ont une prétention ridicule : être l’état-major d’une révolution sans troupes. Comment faire passer son message quand on n’a pas de troupes ? En utilisant la seule arme possible : le verbe, l’analyse politique. »

Ce que confirme, à sa manière, Edwy Plenel : « Mon rapport au journalisme s’est fait par la politique. Et mon rapport à la politique par l’écriture, dit-il. L’école du journalisme, ce fut Rouge. J’y ai appris mon métier, les techniques. »

Yves Roucaute s’était penché sur la question en 1991, dans Splendeurs et misères des journalistes (Calmann-Lévy). Dans la hotte du militantisme politique, il y a, dit-il, trois cadeaux :

- d’abord, une appréhension intellectuelle du monde ;

- ensuite, ce que l’on appelle parfois le sens de l’organisation, l’apprentissage des techniques de quadrillage, de coercition et de manipulation ;

- enfin, le goût du pouvoir symbolique.

Pour autant, toutes les chapelles trotskistes n’ont pas connu le même succès. La seule qui ait produit des journalistes en nombre, c’est la Ligue communiste révolutionnaire, car c’est la tendance la plus intellectuelle et la plus portée au texte. En revanche, « les trotskistes du PCI, poursuit Roucaute, n’ont pas eu le même succès (...). Aux rapports intellectuels, ils ont préféré la culture d’organisation. Leur seule percée fut réalisée, comme on pouvait s’y attendre, par Force ouvrière interposée, dans la presse qui pouvait donner à leur sens de l’organisation tout loisir de s’exprimer : l’AFP. »

On pourra dire, évidemment, que l’eau a coulé sous les ponts, que beaucoup ont trahi leur idéal, que “c’est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître”. Écoutons alors ce qu’en dit Marc Couty, cité par Christophe Nick : « Même si nous nous sommes détachés du trotskisme militant, il nous reste une culture politique qui ne fait pas dans la mollesse, mais plutôt dans la radicalité. Pour nous, ce n’est pas totalement faux : on a tendance à penser que tous les maux viennent de la “bourgeoisie et ses représentants”. Nous continuons, d’une certaine façon, à détester les deux “relais de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier” : la social-démocratie et le stalinisme... »

Quant à Edwy Plenel, à qui je laisserai le mot de la fin, voici ce qu’il a dit : « Je reste fidèle à ma jeunesse : mon souci du monde, il est sans patrie ni frontières. » (Débat avec Alain Finkielkraut, “La Nation à l’épreuve”, publié par la revue Le Débat.)


Dernière édition par le Sam 2 Juil - 14:03, édité 1 fois
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Re: la LCR vue par la très adroite droite........

Message par Romane(Venise) le Sam 2 Juil - 14:04

Ceci n'est qu'un bref extrait d'un long texte du " CLUB de L'Horloge" association intellecto_facho_intello smibouncevert
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Message par Romane(Venise) le Sam 2 Juil - 14:21

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