Les nanoparticules inquiètent l'Amérique

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Message par Proudhon le Jeu 13 Oct - 16:05

Les nanoparticules inquiètent l'Amérique
Les risques pour la santé publique liés à l'usage incontrôlé des nanotechnologies est devenu un vaste débat de société aux Etats-Unis.

L'inquiétude monte doucement mais sûrement dans l'opinion publique américaine devant les nanoparticules qui investissent de plus en plus de matériaux. Articles de sport, vêtements, ponts, travaux dentaires, ou encore additifs alimentaires sont pêle-mêle placés sur la sellette.

A la fin du mois de septembre s'est tenue à Washington une audition publique organisée par l'Environmental Protection Agency (EPA). Motif : définir les risques exacts pour l'environnement et la santé liés à l'émergence des nanomatériaux. L'EPA souhaite récolter suffisamment d'éléments d'information pour établir des règles de sécurité qui entreraient en vigueur dès l'an prochain aux Etats-Unis. Mais cela ne sera peut-être pas si simple. Déjà un groupe de 17 organisations non gouvernementales spécialisées dans la défense de l'environnement, comme Greenpeace ou le National Resources Defense Council (NRDC), doutent qu'une autorégulation puisse suffire, étant donné le peu d'informations disponibles. « Le gouvernement n'est même pas, aujourd'hui, en mesure de dire clairement ce que contiennent les produits de grande consommation en matière de nanoparticules », constate Jennifer Sass, porte-parole de la NRDC, une association qui compte plusieurs millions de membres aux Etats-Unis.

De fait, l'inquiétude monte doucement mais sûrement dans l'opinion publique américaine. Une récente enquête commanditée par la North Carolina State University montre que 60 % des sondés « ne font pas confiance à l'industrie des nanotechnologies pour minimiser les risques pour les humains ». Seulement 5 % d'entre eux leur font « réellement confiance ». A côté des risques déjà mis en exergue notamment par le roman à succès de Michael Crichton, « Proie », dans lequel des nanoparticules intelligentes se reproduisent seules et se transforment en minuscules agents d'une société à la Big Brother, un autre danger se manifeste. Celui d'une toxicité éventuelle pour l'organisme.

Un risque qui a pris une apparence concrète récemment avec la publication d'une étude réalisée par l'Université Rice et le Georgia Institute of Technology. Elle montre que les nanotubes de carbone sont solubles dans l'eau. Contrairement à ce que pensaient la plupart des scientifiques jusqu'ici. Cette découverte suggère donc que de telles particules peuvent être facilement ingurgitées par l'homme ou les animaux. Avec quelles conséquences ?


Des salariés exposés
En mars dernier, une enquête de la Southern Methodist University tendait à montrer que ces nanotubes de carbone avalés par des poissons pouvaient endommager les cellules de leur cerveau. Plusieurs autres études ont été publiées ces derniers mois qui vont dans le même sens. Pour autant, il est encore difficile d'y voir très clair. Ces études traitent en effet le sujet de manière totalement différente, en n'utilisant pas toujours les mêmes nanoparticules comme point de départ. « Pour l'instant, rien de ce qui a été publié ne me semble très inquiétant, mais c'est tout de même largement suffisant pour être très prudent », estime Kristen Kulinowski, directrice du Center for Biological and Environmental Nanotechnology (CBEN), à l'université Rice.

Que se passerait-il si un pont, dont la structure a été renforcée grâce aux nanomatériaux, venait à s'écrouler, provoquant ainsi le risque qu'une partie des nanotubes de carbone qu'il contient, en se répandant dans l'eau, aboutisse dans l'organisme d'êtres vivants ? s'interrogent les plus inquiets.

En dehors d'un tel scénario, statistiquement peu probable, d'autres questions se posent. Déjà 2 millions de salariés américains sont exposés aux nanoparticules, sur leur lieu de travail, et ce chiffre devrait doubler d'ici peu. « Quelles précautions spécifiques sont prises pour les empêcher d'en inhaler à leur insu ? », demande Jolinda Cappello, dans un article publié par l'American Society of Safety Engineers (ASSE). D'autres possibilités d'absorption existent, qui ne concernent plus seulement les salariés. Des nanoparticules seront bientôt présentes dans les travaux dentaires, dans les additifs alimentaires ou même dans le dentifrice.


Une première base de données
L'ASSE - 80 % des membres estiment que les nanotechnologies posent un « sérieux » problème de santé publique - suggère qu'une partie de ces nanoparticules pourrait très bien être ingurgitée par l'homme et circuler dans l'organisme. « Si les nanoparticules pénètrent dans le système digestif et arrivent dans la circulation sanguine, elles peuvent ensuite aller partout et causer des dégâts », écrit Jolinda Cappello.

C'est bien pour en savoir plus que les initiatives privées et publiques aux Etats-Unis se multiplient. En plus des travaux que va lancer prochainement l'EPA, le CBEN a annoncé la constitution de la « première base de données mondiale sur les risques et les bénéfices des nanotechnologies ». L'objectif est bien sûr de rassembler toutes les informations scientifiques et les mettre à la disposition du public.

Une initiative en partie financée par le gouvernement américain puisque c'est la National Science Foundation, l'agence scientifique fédérale, qui a accordé le financement nécessaire. Un effort qui n'est pas jugé suffisant par les observateurs de cette industrie. Ceux-ci s'inquiètent d'un possible rejet par la population de ces nouvelles technologies, si le sujet n'est pas mieux analysé et expliqué.

Des voix s'élèvent aussi pour s'inquiéter de ce qu'une éventuelle régulation trop forte du secteur ne freine le développement de cette science. « C'est grâce à la non-régulation d'Internet que Google, eBay ou la téléphonie sur Internet ont pu se développer librement. A l'inverse, les secteurs trop régulés comme le transport aérien ou les télécoms connaissent les pires difficultés », fait ainsi remarquer Josh Wolfe, éditorialiste de Forbes. Qui redoute, lui, contrairement aux associations privées, que le gouvernement américain n'en fasse trop pour limiter l'incorporation des nanoparticules dans la vie quotidienne...
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