Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

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Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

Message par Pedro le Jeu 19 Oct - 20:42

Dans le monde Lutte Ouvrière n°1994 du 20 octobre 2006

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Une insurrection populaire avec la participation majeure de la classe ouvrière

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La mort de Staline et la lutte entre prétendants pour sa succession à Moscou avaient laissé le champ libre aux rivalités au sommet des PC au pouvoir dans les Démocraties populaires.

En Hongrie, les antagonismes se cristallisèrent autour de deux personnages, Rákosi, le dictateur en place, protégé naguère par Staline, et Nagy, nommé Premier ministre en juin 1953, contraint de démissionner en avril 1955 et devenu par là même le chef de file de l’opposition dans le parti puis au-delà.

Nagy avait trouvé des appuis dans l’intelligentsia, qui avait de plus en plus de mal à supporter la dictature absolue de Rákosi. Le cercle Petöfi, fondé par de jeunes intellectuels du PC, était devenu le point de ralliement de tous ceux qui voulaient réformer le parti et l’État, les rendre plus démocratiques dans leur fonctionnement et surtout plus indépendants par rapport à la bureaucratie soviétique. Dans le courant de l’année 1956, sous l’effet en particulier du XXecongrès du PC soviétique et de la dénonciation de Staline par Khrouchtchev, l’effervescence toucha des cercles de plus en plus larges du parti, pour atteindre les étudiants.

L’appel à manifester le 23 octobre partit des facultés, avec le soutien du cercle Petöfi. La manifestation avait pour objectif d’obtenir l’éviction complète du clan Rákosi, la nomination de Nagy à la tête du gouvernement, mais aussi le retrait de l’armée soviétique, des élections démocratiques avec la participation de plusieurs partis, la liberté de presse et d’opinion.

Jusque-là, les choses évoluaient comme le souhaitaient les réformateurs du PC. Ils étaient encouragés par une évolution semblable qui se déroulait en même temps en Pologne, une évolution qui allait aboutir au retour du pouvoir de Gomulka qui passait également, là-bas, pour un réformateur. La situation semblait évoluer de pair entre les deux pays. Le mouvement de l’un influençait celui de l’autre. Et la manifestation du 23 octobre à Budapest, en dehors de ses objectifs propres, devait être aussi une manifestation de sympathie à l’égard des changements en Pologne.

L’insurrection

Seulement, voilà: les masses allaient faire une brutale irruption dans le sage et pacifique processus de réformes. À la surprise -et à l’effarement- des réformateurs eux-mêmes, la manifestation du 23 octobre bascula en insurrection.

Des contingents d’ouvriers venus des faubourgs industriels rejoignirent la manifestation. Pendant que des milliers de manifestants renversaient l’énorme statue de Staline dominant la place des Héros, lieu traditionnel des grands défilés du régime, et entreprenaient de découper ses 65 quintaux de bronze, d’autres affluèrent vers l’immeuble de la radio pour y lire leurs revendications. La police politique protégeant le bâtiment tira à la mitrailleuse: les premières victimes de la journée tombèrent. La nouvelle traversa la ville, les manifestants affluèrent de plus belle. Mais, du camion militaire envoyé à la rescousse de la police politique, englué dans la foule, les soldats commencèrent à glisser leurs armes dans les mains des manifestants. Ce n’était plus une manifestation pacifique, c’était l’insurrection qui s’armait.

Dans la nuit du 23 au 24, la révolution se propagea dans la capitale. Puis les villes de province s’embrasèrent à leur tour. L’armée hongroise fondit dans le brasier. Les unités se disloquèrent, les casernes s’ouvrirent, les soldats passèrent à l’insurrection ou donnèrent leurs armes aux insurgés. Le Comité central du parti délibéra toute la nuit et décida à la fois de désigner Nagy pour former un nouveau gouvernement et de faire appel aux troupes soviétiques au nom de ce gouvernement.

Le 24 octobre, à 4 heures du matin, les premiers blindés soviétiques envahirent la capitale. Ce même jour, les usines s’arrêtèrent de tourner, la grève fut générale, les premières milices se formèrent dans les entreprises, et des milliers d’ouvriers quittèrent les faubourgs, à pied ou en camion, pour rejoindre les combats du centre-ville. Malgré les appels réitérés à déposer les armes lancés par le nouveau gouvernement, les combats s’intensifiaient, les travailleurs s’emparaient des armes là où elles se trouvaient, dans les commissariats, dans les casernes plus ou moins abandonnées, ou tout simplement dans les usines où elles étaient fabriquées. Et les plus jeunes réinventaient les cocktails Molotov, qui se révélaient d’une redoutable efficacité contre les chars russes lorsqu’ils s’engageaient dans les rues étroites.

Cette première intervention de l’armée russe stationnée dans le pays suffit d’autant moins à mater l’insurrection que bien des soldats russes eux-mêmes étaient touchés par les insurgés qui entouraient les chars russes en ouvrant leurs mains pour montrer qu’ils étaient des prolétaires, et non des privilégiés du ci-devant régime, accourus d’Occident, comme le propagea l’appareil de propagande stalinienne de Moscou à Paris (le PCF et son journal, L’Humanité, faisant preuve d’une abjection particulière dans ce type de mensonges).

Devant les scènes de fraternisation, les dirigeants de Moscou crurent plus sage, dans un premier temps, de retirer les troupes.

Pendant les quelque douze jours qui séparèrent l’éclatement de l’insurrection de la deuxième intervention soviétique, les événements politiques s’accélérèrent. Le gouvernement Nagy autorisa les partis, avant de proclamer le retrait du pays du Pacte de Varsovie.

Comme dans toute période insurrectionnelle où le pouvoir d’État est disloqué, on vit apparaître une multitude de forces politiques, allant de celles qui critiquaient le PC sur une base communiste ou socialiste jusqu’à des groupes d’extrême droite. Mais, loin du Parlement où commençaient les manœuvres politiciennes pour de futures combinaisons ministérielles, loin du centre-ville, seul couvert par des journalistes occidentaux, les Conseils ouvriers se constituèrent.

Le premier d’entre eux, du moins à Budapest, élu le 24 octobre par les quelque 4000 travailleurs de l’usine de matériel électrique Egyesült Izzo, proclama que «le Conseil ouvrier d’Egyesült Izzo a pris la direction de l’entreprise». L’initiative se propagea dans les quartiers ouvriers de la capitale, Csepel, Ujpest ou Köbanya.

Les Conseils ouvriers ne limitèrent pas leurs revendications aux augmentations de salaires, à la suppression du travail aux pièces et des campagnes d’émulation stakhanoviste.

Ils se considéraient comme les directions des usines, mettaient à la porte les dirigeants les plus haïs, en désignaient d’autres. Ils affirmaient leur volonté d’organiser l’économie afin qu’elle produise davantage d’articles de consommation. En même temps, ils proclamaient leur refus de toute forme de restauration du capitalisme, toute privatisation des entreprises, comme tout retour à l’ancien régime réactionnaire.

Dans une multitude de tracts, de journaux locaux, une véritable floraison d’écrits après les années où, seule, existait la morne littérature glorifiant le régime et ses dirigeants, les formulations étaient multiples, les perspectives évoquées vagues. Sans direction politique, sans parti à elle, la classe ouvrière mobilisée cherchait, cependant, fiévreusement son chemin.

Malgré les appels répétés du gouvernement Nagy, personne ne rendit les armes conquises pendant l’insurrection.

Dans bien des villes de province, les Conseils ouvriers prirent tout naturellement la place des autorités renversées ou disparues, en s’occupant des problèmes de la population, de son ravitaillement notamment. Par endroits, ce sont eux qui établirent le contact avec le commandement russe de l’endroit.

Tout en exerçant un pouvoir de fait, ni les Conseils ouvriers ni, plus généralement, leurs mandants, les travailleurs, ne voyaient d’autres perspectives politiques pour le pays, une fois les troupes soviétiques parties, que celle d’une consolidation du gouvernement Nagy.

Là se trouvait la limite politique de la révolution.

Même si les travailleurs soutenaient le gouvernement Nagy, en quelque sorte par défaut, la situation était conflictuelle. Si le gouvernement n’eut pas de mal à reprendre à son compte cette revendication unanime des insurgés qu’était le retrait de l’armée d’occupation, il ne pouvait pas en être de même de la prétention des Conseils ouvriers à diriger les entreprises, voire l’économie. Tout comme il était inconcevable que puissent coexister des milices ouvrières, non encadrées par l’État, avec l’armée et la police officielles que le gouvernement chercha à reconstituer au plus vite autour du colonel Maléter, officier de haut rang qui avait acquis une grande popularité en se mettant avec son unité du côté de l’insurrection.

Pour les travailleurs, le simple fait de la multiplication des Conseils ouvriers et du refus de rendre les armes témoignait d’une méfiance instinctive.

Les relations entre le gouvernement et les masses armées n’en arrivèrent pas au conflit ouvert. La bureaucratie soviétique ne laissa pas aux événements le temps de mûrir. Contrairement à la Pologne où, après un voyage éclair à Varsovie des principaux dirigeants de Moscou, Khrouchtchev en tête, les dirigeants soviétiques avaient laissé à Gomulka et à l’État polonais le soin de remettre de l’ordre dans la maison, en Hongrie, ils choisirent d’intervenir directement.

L’invasion

Alors même que Moscou faisait mine d’engager les négociations sur les modalités du retrait de son armée hors de Hongrie, dès le 1er novembre, de nouvelles troupes franchissaient la frontière et encerclaient les aéroports.

Le 4 novembre au petit matin, une armée de 200000 hommes, pour la plupart récemment arrivés d’URSS, appuyés par 2000 chars et l’aviation, intervinrent à Budapest et dans la plupart des grandes villes de province. Les dirigeants soviétiques prétendaient agir à l’appel d’un nouveau gouvernement, formé par Janos Kadar, récemment nommé secrétaire général du PC et ministre de Nagy. Les chefs de la bureaucratie russe se sentaient les mains d’autant plus libres que, quatre jours auparavant, le 30 octobre, les troupes israéliennes, avec l’aide de l’aviation française et britannique, avaient déclenché une offensive contre l’Egypte, coupable d’avoir nationalisé le canal de Suez.

Les grandes puissances impérialistes, si elles enregistrèrent avec satisfaction la déconsidération morale que valut à l’Union soviétique son intervention contre une insurrection ouvrière, n’eurent nullement envie de s’en mêler. Ce n’était pas seulement par respect de la division du monde en deux blocs, chacun laissant à l’autre le soin de maintenir l’ordre dans son camp. C’était aussi parce qu’une insurrection ouvrière, même insuffisamment consciente d’elle-même et de ses possibilités, était un mauvais exemple. Les grandes puissances étaient trop contentes de laisser les troupes de la bureaucratie faire le sale travail.

Malgré le caractère massif de l’intervention et la supériorité des troupes russes dans un pays qui, de surcroît, ne se prête pas à la guérilla, les combats se poursuivirent pendant plus d’une semaine et, de façon plus sporadique, bien plus longtemps encore. Et, fait caractéristique, les villes de province ou les quartiers de Budapest où la résistance fut la plus forte furent ceux où étaient concentrées les grandes entreprises.

Paradoxalement en apparence, c’est après que l’insurrection fut militairement vaincue que non seulement les grèves prirent un nouvel élan, mais que les Conseils ouvriers renforcèrent leur rôle. Le 14 novembre, l’ensemble des Conseils ouvriers de la capitale créèrent un Conseil ouvrier central de Budapest. Face au gouvernement fantoche de Kadar, il se comporta en porte-parole non seulement de l’ensemble des travailleurs, mais de l’ensemble de la population.

L’absence de ravitaillement, la faim, le froid d’un hiver particulièrement rigoureux, eurent cependant raison de la mobilisation des travailleurs. Le Conseil ouvrier central de Budapest eut encore la volonté d’appeler à de nouvelles journées de grève générale les 11 et 12 décembre, six semaines après l’intervention de l’armée soviétique. Mais cette grève générale, encore largement suivie, fut la dernière (même si jusqu’en janvier, des grèves sporadiques eurent lieu).

Le même jour, le gouvernement décréta la dissolution du Conseil ouvrier de Budapest. Ses membres furent arrêtés, la plupart d’entre eux emprisonnés pour de longues années. La répression qui s’ensuivit fut dure. Après les milliers de morts de la période insurrectionnelle ou dans les combats contre l’intervention des troupes russes, il y eut des dizaines de milliers d’arrestations, et on ne sait toujours pas avec exactitude le nombre d’exécutions. Et un flot de 200000 réfugiés partit vers l’Autriche voisine.

La bureaucratie ne pardonna pas à ceux dont elle pensait qu’ils l’avaient trahie. Nagy, Maléter et plusieurs de leurs compagnons furent exécutés.

Georges KALDY


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Re: Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

Message par Pedro le Jeu 19 Oct - 20:44

Dans le monde Lutte Ouvrière n°1994 du 20 octobre 2006

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L’insurrection de 1956 et ceux qui la commémorent

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Il arrive à l’insurrection de 1956 en Hongrie ce qui est le sort de bien des révolutions: ceux qui la commémorent le plus bruyamment sont ceux qui devraient se taire.

Le Parti Socialiste, actuellement au pouvoir en Hongrie et pourtant héritier direct de l’ancien parti communiste qui était au pouvoir en 1956 au moment de l’insurrection, n’a aucune gêne à commémorer le 23 octobre 1956, date de son début. Ses dirigeants, qui étaient arrivés au pouvoir en écrasant la révolution, ou leurs héritiers politiques ont cependant changé de discours. Non seulement ils commémorent l’insurrection, qu’ils traitaient auparavant de contre-révolution, mais, après avoir justifié l’oppression au nom du communisme, ils justifient aujourd’hui l’exploitation au nom de l’économie de marché.

Ils méritent bien la sympathie et le soutien des dirigeants du monde impérialiste qui se bousculeront aux cérémonies: trois têtes couronnées, dix-huit chefs d’État et six chefs de gouvernement sont attendus. Bush et Blair seraient dans le lot.

Les adversaires les plus tapageurs de la commémoration gouvernementale viennent de la droite et de l’extrême droite, qui essayent de s’annexer l’insurrection de 1956 en la présentant comme une «révolte anticommuniste», en occultant son caractère essentiellement ouvrier et le fait que c’est du côté des idées communistes, socialistes, que le mouvement cherchait une issue politique contre la dictature stalinienne.

Et les uns comme les autres gardent le silence sur la puissante vague d’émergence de Conseils ouvriers élus dans les entreprises et sur leur rôle politique.

Déjà en 1956, l’insurrection fut noyée sous les mensonges, aussi bien de ses adversaires que de ses faux amis, et son caractère ouvrier dissimulé puis enseveli dans l’oubli. C’est que le régime contre lequel cette révolte avait explosé était une Démocratie populaire, un régime qui se prétendait communiste. Et les troupes d’occupation dont l’insurrection réclamait le retrait étaient celles de l’Union soviétique. On ne peut comprendre la réalité de l’insurrection de 1956 et le nuage de mensonges qui l’enveloppe depuis cinquante ans, si on ignore cette réalité ou, encore, celle d’un monde divisé en deux blocs, avec un puissant mouvement stalinien pour lequel, à l’époque, tout ce qui lésait les intérêts de la bureaucratie soviétique était contre-révolutionnaire.

Jusque-là, la bureaucratie de l’URSS n’avait fait que trahir des révolutions, en Espagne en particulier. Cette fois, c’est son armée qui écrasa une insurrection ouvrière. Rien ne peut mieux symboliser la désorientation politique qui en résulta pour le mouvement ouvrier que le fait que ce furent précisément les troupes de la bureaucratie issue de la seule révolution prolétarienne victorieuse, celle qui porta les Conseils ouvriers au pouvoir, qui écrasèrent la seule insurrection ouvrière de l’après-guerre qui s’était donné des Conseils ouvriers, la dernière en date aussi.

Georges KALDY


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Re: Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

Message par Pedro le Jeu 19 Oct - 20:45

Dans le monde Lutte Ouvrière n°1994 du 20 octobre 2006

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Les Démocraties populaires : sous l’étiquette socialiste, des dictatures antiouvrières

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En 1956, la Hongrie était une de ces Démocraties populaires qui, s’étendant de la Pologne, au nord, à la Bulgarie, au sud, constituaient une sorte de glacis pour l’Union soviétique, sur sa frontière occidentale.

Elles avaient pour origine d’avoir été occupées, vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale, par l’armée soviétique au fur et à mesure que celle-ci avait repoussé les troupes de Hitler. Elles avaient, surtout, pour originalité d’avoir été marquées par la suite, aussi bien dans leur régime politique que dans leur organisation économique, par la mainmise de la bureaucratie soviétique.

Fait militaire d’abord, l’intégration des pays de l’Est européen dans la zone d’influence de l’Union soviétique avait été consacrée par les accords dits de Yalta. Ces accords résultaient d’une conjonction d’intérêts entre la bureaucratie et les puissances impérialistes victorieuses, déterminées l’une comme les autres à empêcher que se produisent des explosions révolutionnaires comparables à celles qui avaient suivi la Première Guerre mondiale.

Au-delà des formes plus ou moins parlementaires entre 1944 et 1947, et malgré le rôle croissant que commencèrent à jouer dès cette époque les partis qui se proclamaient communistes, les régimes mis en place furent, sur le plan social, dès leur origine, des dictatures destinées à mater la classe ouvrière.

Malgré ce rôle de gendarme dans cette partie pauvre de l’Europe, lourde d’explosions sociales, le fait que le gendarme portait encore, aux yeux des classes sociales opposées, les marques de ses origines prolétariennes entraîna une série de conséquences. À commencer par la fuite éperdue vers l’Occident des classes possédantes et l’écroulement de fait, avant d’être de droit, des structures les plus surannées, en premier lieu la grande propriété foncière. Venues pour contenir une révolution ouvrière, les troupes de la bureaucratie contribuèrent cependant à l’accouchement d’une réforme agraire radicale et à quelques autres mesures de même nature qui, dans les pays de l’Occident développé, étaient le fait de la bourgeoisie.

C’est cependant avec la rupture de l’alliance entre les puissances atlantiques et la bureaucratie, au fil de l’aggravation de la Guerre froide, que se dessina le caractère original des Démocraties populaires par rapport à tous les autres États bourgeois de la partie semi ou sous-développée d’Europe.

Une fois écarté le spectre d’événements révolutionnaires, la bureaucratie n’eut pas l’intention de laisser échapper ces pays à son influence directe, sous l’attraction de l’impérialisme. Il résulta de cette volonté politique une pression croissante sur les sommets de ces États, pour remplacer les dirigeants politiques les plus pro-occidentaux par des dirigeants issus du PC, présumés plus favorables à Moscou. C’est la même nécessité politique de soustraire les Démocraties populaires à l’influence occidentale qui poussa la bureaucratie soviétique à leur imposer la coupure avec l’économie occidentale, l’étatisation complète de l’industrie et sa planification, la collectivisation forcée, reprenant aux paysans les terres qu’ils venaient d’obtenir.

Toutes les Démocraties populaires finirent, dans les années 1949-1950, par se donner des régimes singeant, parfois jusqu’à la caricature, l’URSS bureaucratique, avec des dirigeants prétendant exercer leur pouvoir dictatorial au nom du communisme et dans l’amitié indéfectible avec l’URSS.

Les dirigeants ouvertement pro-occidentaux éliminés, la bureaucratie soviétique allait s’en prendre aux dirigeants issus du courant stalinien eux-mêmes, décimés par les arrestations, les procès spectaculaires, suivis de lourdes condamnations. En Hongrie, c’est un des principaux personnages de l’État, le ministre de l’Intérieur Laszlo Rajk, qui fut exécuté après avoir avoué des crimes imaginaires.

Si l’histoire officielle retient de cette période surtout les noms des dirigeants politiques pro-occidentaux écartés du pouvoir et emprisonnés au fur et à mesure que Moscou renforçait son emprise sur ces pays, le poids de la dictature a pesé surtout sur les classes populaires, en particulier sur la classe ouvrière. Et, à partir des années 1948-1949, elle s’exerça au nom de la nécessité de construire le socialisme dans un environnement capitaliste hostile.

C’est au nom de la «construction du socialisme» qu’on imposa dans toutes les Démocraties populaires l’industrialisation à un rythme dément. C’est la classe ouvrière qui en porta le poids principal: les bas salaires, le ravitaillement défectueux, les journées «d’émulation socialiste», les normes de travail sans cesse plus dures et, pour imposer tout cela, l’enrégimentement dans les syndicats officiels uniques, l’absence de toute liberté dans les entreprises comme en dehors, la surveillance policière, les arrestations.

L’histoire montra par la suite que toute cette «accumulation primitive», acquise avec la peau et les souffrances des ouvriers et des paysans, finit par être bradée par les classes privilégiées autochtones aux grands groupes capitalistes occidentaux.

Cela ne s’accomplit complètement qu’après le changement de régime de 1989. Mais, déjà, dans ces années cinquante, les travailleurs pouvaient constater que, dans ces sociétés qui se voulaient égalitaires, il y en avait qui étaient nettement plus égaux que d’autres. Pendant que les masses circulaient en vélo ou en tramways bondés, elles pouvaient croiser les limousines noires des dignitaires et, aux boutiques désespérément vides des quartiers populaires, répondaient les magasins réservés des dirigeants. Les privilèges des plus favorisés de cette classe dirigeante n’étaient, en réalité, pas grand-chose à côté de la situation de la bourgeoisie en Occident. Mais le sentiment d’injustice, de révolte, était décuplé par le fait que ces privilégiés-là se prétendaient communistes, et ce sentiment joua un rôle majeur dans les explosions ouvrières qui secouèrent les Démocraties populaires, les unes après les autres.

Grèves violentes en Hongrie peu après la mort de Staline, en 1953, vite étouffées. Berlin-Est, la même année: grève des maçons de la Stalinallee, brisée par les chars russes. Grèves à Brno, en Tchécoslovaquie, en 1954. Emeutes ouvrières à Poznan, en Pologne, en juin 1956. L’insurrection en Hongrie fut l’étape ultime d’une succession de soubresauts protestataires venus essentiellement de la classe ouvrière.

G.K.


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Re: Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

Message par Pedro le Jeu 19 Oct - 20:47

Dans le monde Lutte Ouvrière n°1994 du 20 octobre 2006

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Comment la couche des privilégiés a grandi sur le cadavre de la révolution écrasée

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Après 1956, pendant plusieurs années, la dictature retrouva toute sa férocité, avant que Kadar, qui assumait la responsabilité politique de la répression, commence cette évolution qui allait en faire l’inventeur du «socialisme du goulash» et faire progressivement de la Hongrie, pour reprendre une expression en vogue à l’époque, «la baraque la plus joyeuse du camp soviétique».

Mais ceux qui tirèrent profit de l’évolution engagée par Kadar ne furent pas les mêmes que ceux qui avaient fait la révolution et qui subirent le gros du poids de la répression. Alors que la classe ouvrière, écrasée par les troupes de la bureaucratie, était écartée de la scène politique pour une très longue période -en Hongrie, jusqu’à maintenant en fait-, pour se donner une certaine assise sociale, Kadar protégea et soigna la couche privilégiée, ceux qui occupaient de hautes positions dans l’appareil d’État et à la direction des entreprises nationalisées, mais aussi cette couche de profiteurs qui allait se développer dans les interstices de l’économie encore planifiée, avant que les uns et les autres deviennent ensemble, en 1989, les artisans et les profiteurs du rétablissement complet de l’économie de marché et de la privatisation des entreprises.

Les conséquences de la répression de l’insurrection ouvrière en Hongrie dépassèrent les frontières de ce pays. L’insurrection de Budapest fut le dernier épisode d’une période où la contestation de la dictature de la bureaucratie soviétique vint essentiellement de la classe ouvrière et où les forces politiques qui cherchaient une issue à la dictature stalinienne se revendiquaient du communisme et du socialisme, pour vague ou hésitante qu’ait été leur compréhension de ce qu’était la bureaucratie et son pouvoir, et quand bien même elles se fussent montrées incapables d’offrir une perspective et une direction politique à une classe ouvrière à la fois combative et politisée.

Désormais, la contestation allait venir d’autres forces politiques, celles-là tolérées, voire protégées par la bureaucratie. Qu’elles se soient développées sous l’aile protectrice de l’Église ou sous les dehors d’idées sociales-démocrates à l’occidentale, elles reflétaient les aspirations de la petite bourgeoisie à desserrer, certes, la dictature et la mainmise de la bureaucratie soviétique, mais aussi à pouvoir accumuler, consommer, acheter et vendre librement. Le retour à l’économie de marché, l’ouverture vers l’Occident se substituèrent aux projets de «réformer le socialisme réellement existant».

Désormais, même là où, comme en Pologne dans les années 1970 - début 1980, la classe ouvrière relevait la tête, montrant une combativité et une capacité d’organisation exceptionnelles, elle le fit sous l’influence de ces forces.

Et dans les années précédant et suivant le changement de régime de 1989, pendant que les dirigeants en place se muaient de pseudo-communistes en vrais partisans du capitalisme, faisaient fortune et surtout devenaient les intermédiaires qui bradaient les usines, les banques, les chaînes de distribution étatiques aux grands trusts occidentaux, moyennant commissions, les travailleurs, désorientés, étaient complètement désarmés, sans perspectives politiques devant le changement de régime.

Mais, dans la Hongrie devenue de nouveau une semi- colonie des grands trusts occidentaux, où l’enrichissement spectaculaire d’une minorité côtoie la misère de ceux qui n’ont tiré aucun bénéfice des transformations économiques, se prépare, on doit l’espérer, une nouvelle génération qui saura retrouver et dépasser la conscience de classe des anciens!

G. K.


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Re: Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

Message par Pedro le Jeu 19 Oct - 20:48

Dans le monde Lutte Ouvrière n°1994 du 20 octobre 2006

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Trotsky et la défense de l’URSS

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Tout en combattant la bureaucratie soviétique au nom du communisme, Trotsky était pour la défense inconditionnelle de la base sociale de l’URSS, issue de la révolution de 1917.

Prendre le parti de l’insurrection de 1956 contre les troupes de la bureaucratie soviétique, comme le fit notre tendance -qui dénonça en même temps l’invasion de l’Égypte par les troupes anglo-françaises- n’était-ce pas une façon d’abandonner la défense de l’URSS?

Dans sa brochure Encore et à nouveau sur la nature de l’URSS, dont le passage ci-dessous est extrait, Trotsky répond, en quelque sorte par avance, à ce genre d’objection.

«Que signifie la défense inconditionnelle de l’URSS? Cette expression signifie que nous ne devons poser aucune condition à la bureaucratie. Elle signifie que, indépendamment des motifs et des causes de la guerre, nous défendons la base sociale de l’URSS, si elle est menacée par l’impérialisme.

Quelques camarades disent: “Et si demain l’Armée rouge envahit l’Inde et commence à détruire un mouvement révolutionnaire, devrons-nous la soutenir dans ce cas?” Une telle manière de poser une question n’est pas du tout conséquente. Le fait surtout que l’Inde se trouve impliquée n’est pas clair. N’est-il pas plus simple de demander: “Si l’Armée rouge menace des grèves ouvrières ou des mouvements protestataires paysans, dirigés contre la bureaucratie en URSS, devons-nous la soutenir ou non?” La politique extérieure est la continuation de la politique intérieure. Nous n’avons jamais promis de soutenir toutes les actions de l’Armée rouge, qui est un instrument entre les mains de la bureaucratie bonapartiste. Nous avons seulement promis de défendre l’URSS comme État ouvrier et uniquement ce qui en elle exprime son caractère d’État ouvrier.

Un casuiste habile peut dire: “Si l’Armée rouge, indépendamment de la ‘tâche’ qu’elle accomplit, est battue par les masses insurgées de l’Inde, ce fait affaiblira l’URSS.” À cela, nous répondrons: l’écrasement d’un mouvement révolutionnaire dans les Indes, avec la coopération de l’Armée rouge, signifierait un danger incomparablement plus grand pour la base sociale de l’URSS qu’une défaite épisodique des détachements contre-révolutionnaires de l’Armée rouge dans les Indes. Dans chaque cas, la IVe Internationale saura distinguer si l’Armée rouge est employée uniquement comme instrument de la réaction bonapartiste ou, au contraire, défend la base sociale de l’URSS.»



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Re: Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

Message par Pedro le Jeu 19 Oct - 21:08

NOUS SOMMES TOUS DES ASSASSINS
(éditorial politique du 11-11-56 )

L'insurrection hongroise a été broyée par les blindés de l'armée russe. Malgré la disproportion des forces, les combattants hongrois ont résisté et résistent encore. Malgré la famine et la répression, la grève est générale. II s'agissait d'une insurrection populaire sinon prolétarienne en dépit de ce que peut dire la presse stalinienne. Il est bien évident qu'une minorité de factieux n'aurait pu mener un tel combat et que pour tenir si longtemps il a fallu que toute la population se dresse face aux 200 000 hommes de troupes et aux 3000 blindés de la répression. C'est la première fois dans l'histoire que la bureaucratie russe se sert de l'armée rouge pour écraser une révolution, jusqu'ici elle n'avait fait que les laisser écraser par les armées des autres. Tous les travailleurs en France, y compris un grand nombre de militants du PCF, ont ressenti la même indignation devant ce crime. Crime plus grand encore qu'il n'apparaît à première vue car il dépasse les frontières de la Hongrie.


La répression en Hongrie a fait relever la tête à tous les fascistes européens. Les Russes n'ont pas combattu le fascisme en Hongrie mais ils l'ont renforcé en France. L'Humanité et le PCF en ont fait l'expérience ces jours derniers.
Quelles qu'aient été les revendications des travailleurs hongrois, c'était leur droit de les poser jusque et y compris un retour au capitalisme, qu'ils ne voulaient d'ailleurs pas.
Leur massacre n'a pas d'excuse et chacun le sait. L'écoeurement est d'autant plus grand que ceux qui élèvent le plus la voix pour protester sont ceux qui justement devraient se taire.
Les gouvernants français ne défendent une insurrection ouvrière que lorsqu'elle se produit dans les pays de l'Est, eux qui emploient la matraque dans la moindre grève et qui n'hésiteraient pas au cas où la dite insurrection ouvrière se produirait en occident à la noyer dans le sang. Des centaines de milliers de soldats, tout le matériel d'une armée moderne contre un petit pays de quelques millions d'habitants c'est la Hongrie, oui, mais c'est aussi l'Algérie. Et le cynisme des dirigeants français qui pleurent sur le sort des ouvriers hongrois alors qu'ils assassinent en Algérie et en Egypte n'a d'égal que celui des potentats du Kremlin qui font l'inverse. F.O. qui a des camarades ministres, a fort bien su prendre l'initiative d'un mouvement de grève pour protester contre la sauvage répression de l'insurrection hongroise. Elle n'a jamais su, pas plus que la CGT d'ailleurs, en faire autant pour l'Algérie et cependant les deux sont liés. C'est parce que les occidentaux massacrent en Afrique du Nord, au Kenya, à Chypre ou au Guatemala que les Russes ont pu commettre ce crime face à la classe ouvrière mondiale et, au fond, c'est en partie parce que nous travailleurs français nous tolérons par notre passivité la répression en Algérie que nos frères les travailleurs hongrois meurent sous les balles et les obus. De même l'intervention en Egypte n'aurait sans doute pas été possible sans les évènements de Hongrie. A l'heure actuelle chacun de ces évènements fait partie d'un tout. Les travailleurs hongrois ont mené une lutte sans espoir, à tel point que certains postes d'insurgés ont fait appel à l'intervention occidentale. Ce n'était que choisir un autre genre de mort. Les armées occidentales ne seraient certainement pas intervenues pour laisser les armes aux travailleurs et le pouvoir aux comités ouvriers. Cette intervention ne serait que le début d'une troisième guerre mondiale et d'une ère de barbarie sans nom. Aucun travailleur n'y a intérêt. Dans la cassure actuelle en deux blocs rivaux et opposés, c'est l'ignominie de l'un qui permet à l'autre de se rendre ignoble. Les masses de chacun des deux ne s'opposent pas à leurs propres dirigeants que parce que les autres ne font pas mieux et qu'ils ne sentent le choix qu'entre l'un ou l'autre. Et quoiqu'en disent les gouvernants français, les dirigeants sociaux-démocrates, les travailleurs français pouvaient plus aider les ouvriers hongrois en arrêtant la guerre d'Algérie et en empêchant l'expédition d'Egypte plutôt qu'en soutenant ceux qui mettaient le feu au siège du PCF.


Et ces derniers évènements nous montrent que le sort des travailleurs hongrois pourrait bien être le nôtre : les nervis qui s'attaquent aux journaux et aux permanences du PCF ont profité du désarroi créé par la répression russe pour s'attaquer aux organisations qui se réclament de la classe ouvrière ; leur indignation vertueuse contre les bourreaux du prolétariat hongrois ne cache en fait que le désir de réserver le même sort aux travailleurs français. Les dirigeants staliniens peuvent difficilement être dépassés en abjection mais c'est aux travailleurs de les juger et de les rejeter. Nous ne pouvons pas permettre aux éléments réactionnaires du pays de faire le ménage dans nos propres rangs. Les typographes de la presse l'ont fort bien compris en débrayant parce que certains d'entre eux avaient été blessés dans les locaux de l'Humanité. Au-delà du PCF, c'est l'organisation indépendante de la classe ouvrière qui est visée. II nous appartient de nous occuper de nos propres affaires et de ne laisser aux dirigeants staliniens ou sociaux-démocrates qui ont tous du sang sur les mains d'être maîtres de nos destinées. Sinon nous nous retrouverons demain dans le cas des travailleurs hongrois : massacrés par les uns ou par les autres. Nous ne pourrons alors nous en prendre qu'à nous-mêmes car « il ne faut jamais demander pour qui sonne le glas, il sonne toujours pour nous.

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Re: Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

Message par corto maltese 89 le Ven 27 Oct - 11:40

Quelque chose me chagrine.Les médias et les politiciens ont repris a leur compte ce douloureux évènement,pour en faire un symbole anti communiste.Ils ont completement falsifié l'histoire,comme a leur habitude.Rappelons que les ouvriers hongrois se sont révolté contre le stalinisme,et s'étaient constitué en conseils ouvriers.Surement pas contre le communisme en lui-meme.
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Re: Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

Message par Pedro le Ven 27 Oct - 20:01

S'est presque réduit à une révolte estudiantine, en gros.
Rappelons que dans le même temps ou avait lieu cette infâme répression, des pays impérialistes comme la france conduisaient des guerres abominables dans leurs colonies : indochine, algérie, et commettaient une intervention militaire en Egypte, contre la nationalisation du canal de suez (un canal qui revenait logiquement aux Egyptiens, vu que celui-ci fut fait par des centaines de milliers d'ouvriers de ce pays) par nasser.
Le fait que la répression contre la révolte ouvrière de 1956, en hongrie soit conduite par l'armée soviétique arrangea bien les affaires des impérialistes occidentaux. En effet, ceux-ci ne voyaient certainement pas d'un bon oeil des ouvriers, dans un pays pas si lointain, crééer des conseils ouvriers, prendre la direction des usines, décider, manifester.
Ce que l'on tire, comme conclusion de tout cela, c'est qu'une fois encore, il manqua une direction révolutionnaire, avec des objectifs précis, à la tête de cette révolte, et qu'à défaut, les insurgés se raccrochèrent, comme le dit le texte plus haut, à Nagy et Maléter.

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Re: Sur la révolte ouvrière de 1956, en Hongrie

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