Celui là, l'Eglise n'est pas prête de le canoniser...

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Celui là, l'Eglise n'est pas prête de le canoniser...

Message par Pedro le Jeu 17 Fév - 22:27

J'avais déjà parlé de lui sur ce forum, et j'en rajoute une couche :

17 février 1600 : Giordano Bruno est brûlé vif pour hérésie
Article paru dans Lutte Ouvrière n°1651 du 3 mars 2000




Giordano Bruno : l'Eglise insiste encore !


Il y a 400 ans, le 17 février 1600, Giordano Bruno était brûlé vif pour hérésie sur le Campo del Fiori à Rome, place sur laquelle se dresse aujourd'hui sa statue. Il avait eu le tort de remettre en cause l'explication chrétienne de l'univers, en particulier au profit d'une théorie faisant tourner la Terre autour du Soleil et considérant la nature d'un oeil plus scientifique et matérialiste que respectueux du dogme catholique. Livré à l'inquisition, son procès dura sept ans, au cours desquels il refusa de renier ce qu'il pensait juste. Jusqu'à aujourd'hui, jamais le Vatican et la hiérarchie catholique ne sont revenus sur la condamnation de Giordano Bruno.


En 1889, pour que sa statue puisse être érigée, il avait fallu passer outre l'opposition du pape de l'époque. En 1929, un autre pape demandait à Mussolîni, qui refusa, de démolir la statue, ce qui paraît-il, détériora pour un moment les bonnes relations entre le régime fasciste et le Vatican. Six mois plus tard, ce dernier canonisait le cardinal qui avait condamné Giordano Bruno au bûcher, pour bien montrer que les autorités ecclésiastiques ne revenaient pas sur leur jugement prononcé plus de trois siècles auparavant.

« S'il a fallu enregistrer une condamnation, l'on doit en chercher la raison non pas chez les juges, mais chez l'accusé », déclarait encore, en 1942, un dignitaire du Vatican à propos du procès de Bruno. Mais il est certain que ces années de fascisme et de guerre mondiale étaient dominées par des régimes profondément réactionnaires, appuyes et soutenus par toute la haute hiérarchie catholique dont il était impossible d'attendre autre chose qu'une condamnation renouvelée de l'esprit audacieux, libre de tout dogmatisme et irrespectueux du culte et des chefs religieux, que représentait Giordano Bruno.

Mais les années sont passées et n'ont pas changé grand-chose. En 1993 de nouveau, le pape Jean-Paul Il et les autorités vaticanes maintenaient que la condamnation de Bruno avait été « pleinement motivée ». Enfin, le 3 février dernier, une autorité vaticane, chargée d'examiner les réhabilitations possibles, refusait celle de Giordano Bruno, ses idées étant toujours qualifiées d'hérétiques 1

L'Eglise a l'obscurantisme tenace, même si, du bout des lèvres il est vrai et tout récemment, elle a accepté de reconnaître que les thèses de Galilée, confirmées par la science depuis plusieurs siècles, étaient justes et que sa condamnation n'avait été qu'un «douloureux malentendu» ! Mais, instruit du supplice de Giordano Bruno et devant le tribunal de l'inquisition, Galilée avait préféré donner a ses juges l'apparence de celui qui fait amende honorable, ce que Giordano Bruno s'est refusé à faire jusqu'au bout. Plus encore que les idées de Giordano Bruno, peut-être est-ce finalement ce caractère irréductible, le fait d'avoir osé l'affronter sans plier, qui gêne encore aujourd'hui la hiérarchie catholique.

MR

Par contre, les personnages réactionnaires comme balaguer, fondateur de l'opus dei, pie douze, pote de mussolini, mère thérésa, etc, sont bienvenus dans le panthéon des héros chrétiens... On a les héros que l'on mérite.

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Message par Pedro le Dim 20 Fév - 21:36

Trouvé sur la toile :

La position missionnaire

Mère Thérésa, une sainteté médiatique

Censeur des pauvres, amie des riches

"Les saints, écrivait Georges Orwell en 1949, devraient toujours être jugés coupables, jusqu'à ce qu'on ait prouvé leur innocence". La carrière de Mère Térésa suggère l'inverse. Alors que la plupart des personnalités publiques voient leur réputation jugée à la lumière de leurs actes, Mère Térésa, elle, voit ses actions évaluées a l'aune de sa réputation. Une réputation de sainte, généreuse, dévouée a la cause des pauvres et des damnés.

Deux exemples. En novembre 1995, la population irlandaise dut décider, par référendum, d'abroger l'interdiction du divorce. L'Irlande était le seul État européen à maintenir cette interdiction. Or le pays négociait alors avec les protestants d'Ulster, lesquels redoutaient qu'un accord avec Dublin ne débouche sur un plus grand contrôle de leurs vies par le clergé catholique. En partie pour les rassurer, la plupart des partis irlandais appelèrent à voter "oui” au référendum. Le scrutin promettait d'être très serré (en définitive, le “oui” l'emporta par 50,3 % des suffrages). Mère Térésa, qui n'est pas irlandaise, appela à voter "non".

Quelques mois plus tard, elle accordait un entretien à un magazine américain, Ladies Home Journal (*) lu par des millions de femmes au foyer. Interrogée sur son amitié pour Lady Diana, princesse de Galles, et sur le divorce imminent dans la famille royale britannique, Mère Térésa n'hésita pas à expliquer, parlant du mariage : «C'est bien que ce soit fini. Personne n'était vraiment heureux.» On le voit, avec Mère Térésa, les pauvresses ont droit à des sermons sur la morale et sur l'obéissance, les princesses bénéficient de tous les pardons et de toutes les indulgences. Aucun journal ne releva ces déclarations contradictoires. Le faire eût terni l'image flatteuse de la Sainte médiatiques. Pourtant, le contraste entre théorie et pratique en dit long sur Mère Térésa.

Voici quelques autres faits, complaisamment passés sous silence. En 1981, Mère Térésa se rendit à Haïti pour y accepter la Légion d'honneur, la plus haute distinction du pays. Elle la reçut des mains de la famille Duvalier, qu'elle remercia par un discours enthousiaste, expliquant que le dictateur Jean-Claude Duvalier “Bébé Doc” et sa femme Michèle non seulement «aimaient les pauvres», mais étaient «adorés d'eux»...

Quelques années plus tard, en 1990, Mère Térésa se rendit en Albanie, pays dont ses parents étaient originaires (elle est née à Skopje, capitale de la Macédoine). Elle n'eut aucun scrupule à déposer une couronne de fleurs sur la tombe de l'ancien dirigeant stalinien, Enver Hodja, fondateur de l'un des régimes les plus répressifs des Balkans. Elle en déposa même une autre, à Tirana, au pied d'un monument "a la gloire de la Grande Albanie”, qui comprend, aussi, le Kosovo (région se Serbie), l'Epire du Sud (situé au nord de la Grèce) et la zone ouest de la Macédoine (État indépendant). De nombreux Albanais se déclarèrent choqués de la voir s'afficher aux côtés de la veuve de l'ancien dictateur et ne rien dire sur les violations des droits de l'homme.

En 1992, Mère Térésa intervint lors du procès de M. Charles Keating, l'un des plus grands fraudeurs de l'histoire financière des États-Unis. Son escroquerie aux caisses d'épargne lui avait permis de mettre la main sur 252 millions de dollars, volés principalement à de petits épargnants. M. Keating, qui avait auparavant mené campagne contre la pornographie, avait offert à Mère Térésa 1.250.000 dollars ainsi que l'usage de son avion privé. En échange de quoi, la “Sainte médiatique” n'avait pas hésité à user de son prestige pour aider M. Reating. A tel point que lorsque Mère Térésa envoya une lettre réclamant la clémence du tribunal pour un homme qui «a beaucoup fait pour aider les pauvres», l'un des procureurs répondit en lui demandant de restituer l'argent qui lui avait été versé (et qui provenait du vol). Toujours trop innocente pour pouvoir détecter la malhonnêteté des autres, elle refusa.

Une multinationale missionnaire

S'il est évident que Mère Térésa a du temps à consacrer aux riches et aux puissants, qu'en est-il de son souci proclamé pour les pauvres et pour les faibles ? Le bilan n'est pas aussi clair qu'on l'imagine. Des médecins britanniques et américains ont, par exemple, relevé le niveau très aléatoire des pratiques médicales dans les petites cliniques de Calcutta de Mère Térésa : pas d'antalgiques, des seringues lavées à l'eau froide, un régime alimentaire redoutable pour les patients et une attitude très fataliste à l'égard de la mort. Cela ne s'explique pas par le manque d’argent. Les comptes de son ordre religieux (catholique), les Missionnaires de la charité, ne sont pas publics, mais chacun sait que d'énormes sommes ont été recueillies, qui suffiraient largement à assurer le fonctionnement d'une clinique convenable de Calcutta. En revanche, Mère Térésa a évoqué sa fierté d'avoir ouvert 500 couvents dans 101 pays, "sans compter l’Inde”. L'argent offert par les donateurs pour soulager la souffrance des pauvres aurait-il été utilisé par la "multinationale missionnaire" pour faire du prosélytisme religieux ?

Et en faveur de quelle théologie ? Mère Térésa défend une version très intense et très simplifiée du fondamentalisme chrétien. Adoptant une approche traditionnelle du stoïcisme et de la résignation, elle assimile la souffrance des pauvres à un don de Dieu. Sur les murs de la morgue dont elle s'occupe à Calcutta, on peut d'ailleurs lire l'inscription : «Aujourd'hui, je vais au Ciel.» Assez logiquement, Mère Térésa critique avec fermeté tout projet politique qui lutte contre l'injustice et les inégalités, et a exprimé sa sympathie à l'égard des catholiques conservateurs d'Amérique latine et d'Europe. Non seulement elle condamne fermement l'usage de contraceptifs, mais elle a proclamé qu'elle n'accepterait jamais de «confier un enfant à un parent adoptif ayant auparavant consenti à un avortement». D'ailleurs, dans le discours qu'elle a prononcé en 1979, au moment de recevoir le prix Nobel, elle a présenté l'interruption volontaire de grossesse comme le «principal danger menaçant la paix mondiale»…

On ne sera donc pas surpris d'apprendre que Mère Térésa n'a cessé, au sein de l'Église, de prendre le parti du pape Jean Paul II contre la “théologie de la libération” et autres «hérésies progressistes». Elle a d'ailleurs expliqué : «Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance.»
Et puisque les pauvres seront toujours parmi nous, pourquoi en effet ne pas les utiliser pour illustrer des contes moraux ?

Mais comment comprendre qu'une femme aux opinions presque médiévales soit également admirée par le monde des laïcs et par la communauté des dévots ? L'une des explications est que de nombreux Occidentaux, pleins de mauvaise conscience à l'égard de la misère du tiers-monde, sont trop heureux de déléguer le devoir de charité à quelqu'un d'autre. Et, ayant consenti à cette délégation-abandon, ils ne souhaitent pas examiner de trop près les motifs et les actes de ce représentant ambulant de leur conscience soulagée.

La contraception et l'avortement

Mère Térésa peut donc assener avec tranquillité -comme elle l'a fait plus d'une fois- qu’«il n'y aura jamais trop de bébés parce qu'il n'y a jamais trop de fleurs ou d'étoiles», sans pour autant que les partisans de la planification familiale s'en offusquent. En septembre 1996, le Congrès américain lui a accordé le titre de “citoyen honoraire”, une distinction que seuls avaient obtenue avant elle William Penn et son épouse (fondateurs de l'État de Pennsylvanie), Winston Churchill et Raoul Wallenberg. Au cours d'une saison électorale pourtant dominée par la question de l'avortement et par la mise en cause du pouvoir (au demeurant très exagéré) de la droite religieuse, le vote du Congrès fut unanime.

En janvier 1980, à Calcutta, Mère Térésa nous fit visiter le petit orphelinat qu'elle venait d'ouvrir. Même si cet établissement ne réduisait pas de manière radicale l’immensité des problèmes de la ville, le projet était attachant. Alors que la visite de l'orphelinat s'achevait, elle agita soudain le bras et m'expliqua : «Vous voyez, c'est comme ça qu'au Bengale nous luttons contre l'avortement et la contraception».

L'aveu avait le mérite de la franchise : l'objet de l'activité de Mère Térésa, qui n'a jamais cherché a dissimuler son soutien à une idéologie dogmatique, tient en effet davantage du fondamentalisme conservateur que de préoccupations humanitaires.

Mère Térésa a toujours fait preuve d'ostentation dans le choix de ses protecteurs, à la fois riches, autoritaires et sans scrupules. Certains de ses défenseurs rappellent que Jésus lui-même était mal entouré. Métaphore pour métaphore, on peut aussi affirmer que le soutien qu'une opinion publique sceptique et matérialiste continue, en dépit de tout, d'accorder à Mère Térésa est, en soi, une sorte de… petit miracle.

Christophe Hitchens, Journaliste, auteur de The Missionary Position, Verso, Londres, 1995. Le Mythe de Mère Teresa, Dagorno, Paris, 1996. (Le Messager, Eglise protestante de Verviers-Hodimont).

* Ladies Home Journal, New York, avril 1996.


C'est donc cette femme aux idées "médiévales", fondamentaliste chrétienne, que je me devrais de ne pas critiquer?

Tiens, je reprends ce passage, car je le trouve très fort :


Mais comment comprendre qu'une femme aux opinions presque médiévales soit également admirée par le monde des laïcs et par la communauté des dévots ? L'une des explications est que de nombreux Occidentaux, pleins de mauvaise conscience à l'égard de la misère du tiers-monde, sont trop heureux de déléguer le devoir de charité à quelqu'un d'autre. Et, ayant consenti à cette délégation-abandon, ils ne souhaitent pas examiner de trop près les motifs et les actes de ce représentant ambulant de leur conscience soulagée.

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