Lettres à Sophie N°5

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Lettres à Sophie N°5

Message par rachel le Ven 10 Nov - 16:44

Demain II novembre mon grandpère a fait la guerre en conduisant des chevaux qui tractaient des canons tripes de canassons se mélangeaient aux tripes des hommes régiment sans honneur militaire héritier du I7 eme qui se rebella longtemps avant La guerre les guerres m'accompagnent je pourrais dire la peur que j'avais à 4 ans quand j'ai compris que grandesoeur était perdue pas dans la foret mais tuée sur une route où la chercher je hurlais douleur des parents colère tristesse de grandfrère soldat les années passent et ce matin dans le bus j'ai vu une jeune fille que j'aimerais photographier peindre ou dessiner A mort la mort ! Aucun désir de sexe aucune peur de connaissance malvenue envie de la regarder et tranquillement au fil des heures chercher la vie dans une image assez de larmes envie de lui dire viens je suis pas Modigliani et je l'ai compris à Venise et j'ai arrété alcools mais cette fille dans le bus elle avait cette superbe et simple douceur qui donne envie de vivre


Dernière édition par rachel le Jeu 16 Oct - 19:01, édité 2 fois

rachel
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Re: Lettres à Sophie N°5

Message par uob le Lun 25 Déc - 8:41

délabre de noël

sous son épais manteau, dont le fin fini tournait en croûte délesté de ses nappes noires et aquas, un sourd tumulte distendait ses coutures. il faisait fi des poils qui lâchaient un à un, emportés par le vent telles les étincelles d'un feu de joie, se perdant de çi de là dans les fentes des cannivaux et les nids de poule. allait-il se rendre, pour un tour de magie, à la barre branchée, juste en face, reflétant jusqu'au lapin à la moutarde dans le bitume glacé? au devant de sa glisse, en contre-façon, s'égrenaient en perles toutes ses heures de bas mal chaussées, de doigts dans le nez, de sauts dans les sapins artificiels. ça le faisait rire. comme toujours dans ces moments, au péril d'une chute jaillissait une pirouette époustoufflante! son talent à trafiquer le destin lui venait de son enfance, de ces hivers aux combles des bleus et des feintes magistrales...et c'est le but! de ces étés aussi, d'apeurantes araignées et de chats écrasés. fallait s'y faire, en avait-il convenu, coûte que coûte. mais ce fut long. tous ces carrefours aux coins des rues... qu'à cela ne tienne emboutissons-les avec éclat! d'une crevasse donnant sur le vide, opposons un nid d'oisillons chorale au bec; d'un pic imposant sculptons une statue de matador; d'une éraflure retenons l'anecdote; de la solitude composons une musique; d'un enfant revisitons l'amour. le rigodon commençait à l'essoufler au faux plat de la patinoire. les poils volaient mais les coutures tenaient bon. au sourd tumulte, atteindrait-il la sonnette sans éventrer son manteau dans la fracture d'un os? mais toujours faisait-il fi, réfugié au comptoir de la bonhomie, son faux plat virtuel, de l'alerte sous-terrainne. tant de gens s'y engloutissaient, tempérait-il, d'espoir perdu en de vaines tranchées...

minuit approchait à grands pas, les enfants se dépêchaient de ramasser les papiers et les choux pour l'acceuil du clown magicien. assis à reprendre son souffle, ces cuisses lui servaient de tam-tam dans un rituel de passage. une bruine diluait ses larmes dans les ridules de ses extravagances. un chant s'élevait le long des barres que des lampadaires entre les branches faisaient presque danser. un chat noir sous une limousine observait la scène, dépassé. un autobus passa qui fracassa sa mallette en mille morçeaux, prise au large d'une bourrasque. une froide flaque suivi qui le gifla en pleine poire! les quatre fers en l'air, au bout d'une courte glissade, un poteau le stoppa net dans la médiane du califourchon. ayoye tabarnak mes gosses! s'écria-t-il endolori. le chauffeur de la limousine, qui attendait la sortie d'une réplique de la reine d'angleterre, descendit prêter main forte à l'infortuné qui se démenait à récupérer ses balles à jongler, ses mousses multicolores et son kit à tricoter des ballounnes en animaux de crèche. mal lui en pris, fouillant à son tour sur les plaques tout juste sous la barre de zéro. même le chat risqua une chasse à l'attrait d'un gros nez rouge. tous se retrouvèrent au beau milieu du boulevard du beau milieu, à virevolter à qui mieux mieux, échappant de fous miaou dans la nuit. des frimousses, entassées comme des amoncellements de joujoux tout neufs, riaient aux éclats dans les fenêtres des condos.

la magie avait encore eu lieu, par les flots d'une étrange nature cette fois. probablement une couture qui avait fini par rompre, laissant au manteau une brèche béante, depuis le tumulte jusqu'à la croûte.

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Re: Lettres à Sophie N°5

Message par uob le Sam 30 Déc - 16:16

à quoi tient l'allure? quand elle défaille et qu'on s'accroche, de quoi s'agit-il? un fantasme? ceci redonnera de l'allure. qu'en est-il du dysentérique, mouches aux babinnes, qu'elle allure il a? a-t-il toujours la même? dépérit-il tout le temps? au delà des considérations existentielles, entre les deux oreilles, comment se sent-il? ce qu'il ressent s'apparente-t-il à une mauvaise journée dans le système d'un journalier heureux en amour?

dysentérix, vivant la mort en direct, oui oui, celui-là qu'on montre sur les dépliants d'unicef, en a-t-il crissement rien à cirer des pluies de dollards? peut-être est-il en paix. de s'être fait à l'épreuve dès la première tétée, insuffisante. rien d'autre n'a-t-il connu que l'insuffisance. peut-être au point, de ces primes défaillances, qu'il s'accrocha au sable, au vent et aux étoiles. penserions-nous faire de même à la chute de l'empire? l'empire des sens. un lotto, une bd, un élohim, nietzsche et la peau easy. easy rider dans l'allée bonichoix, qu'au tourment d'un pèse-personne, l'élaboration d'un repas; dans la compétance transversale de la solvabilité. se fondre à l'allure.

vaut-il mieux s'en tenir à l'essentiel? les étoiles sont-elles à rabais dans le plumard des sables mouvants? donnent-elles davantage d'allure, au tourment quotidien, qu'un quart de poulet cuisse?


(bonichoix est un marché d'alimentation qui a de l'allure)

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Re: Lettres à Sophie N°5

Message par Romane(Venise) le Lun 16 Mar - 17:21


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Re: Lettres à Sophie N°5

Message par Romane(Venise) le Lun 16 Mar - 18:15

les guerres m'accompagnent je pourrais dire la peur que j'avais à 4 ans quand j'ai compris que grandesoeur était perdue pas dans la foret mais tuée sur une route où la chercher je hurlais douleur des parents colère tristesse de grandfrère soldat

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Re: Lettres à Sophie N°5

Message par Romane(Venise) le Lun 16 Mar - 18:18

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Re: Lettres à Sophie N°5

Message par Romane(Venise) le Lun 16 Mar - 18:19

En fait c'est une des choses viscérales que "Rachel" ...
avait à dire cette absence ...
qui l'accompagne depuis plus de 50 années ...

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Re: Lettres à Sophie N°5

Message par rachel le Dim 8 Nov - 3:44

Là çà va j' ai un chat ? Elle se nomme Vic ; on s'apprivoise doucement !

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