Ralentissement du Gulf Stream le scenario se precise...

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Message par Torrent le Lun 5 Déc - 6:57

Alors que les responsables politiques de la planète sont réunis à Montréal (Canada) pour statuer sur l'après-Kyoto, les chercheurs mettent en évidence des phénomènes toujours plus inquiétants attribués au réchauffement. Une expérience scientifique fournit, dans la revue Nature du jeudi 1er décembre, la première estimation chiffrée des récents changements de la circulation thermohaline dans l'Atlantique.



LEXIQUE

CIRCULATION THERMOHALINE.

Tous les océans sont parcourus par un gigantesque courant général. Ce "tapis roulant" démarre près du Labrador, où plongent les eaux froides. Elles sont ensuite entraînées vers l'Antarctique et gagnent l'océan Indien et le Pacifique sud, où elles se réchauffent. Elles refont alors le chemin inverse en surface jusqu'à la mer du Labrador. L'ensemble du processus s'effectue en mille ans.


GIEC.

Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat a été créé en 1988 sous l'égide de l'ONU pour rassembler toutes les informations scientifiques disponibles sur l'évolution du climat. Il a déjà publié trois rapports (1990, 1995, 2001). Il présentera le prochain en 2007.

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Selon Harry Bryden et ses coauteurs, chercheurs au National Oceanography Center britannique, la branche du Gulf Stream qui évacue une part de la chaleur du golfe du Mexique vers l'Atlantique nord a vu son débit se réduire d'environ 30 % au cours des cinquante dernières années. Le phénomène n'est en soi pas surprenant. Certains modèles numériques prédisent en effet une telle tendance, en réponse à l'augmentation globale de la température terrestre. Mais la magnitude du changement mesuré ici est considérable.

Les chercheurs ont relevé, en 2004, la température et la salinité de l'océan Atlantique, le long de la latitude 25º nord. Ces données ont été comparées à celles relevées à quatre reprises dans la seconde moitié du XXe siècle, en 1957, 1981, 1992 et 1998. Les variations mesurées indiquent que le débit du Gulf Stream — ce courant tiède ascendant qui longe les côtes de l'Amérique du Nord — est demeuré plus ou moins stable. Les voies de retour du cycle ont, elles, subi de profonds changements.


MARGES D'ERREUR


Le Gulf Stream se divise en deux flux de retour. Le premier — qui circule dans le sens des aiguilles d'une montre — est constitué d'un courant de surface chaud, qui descend vers les côtes de l'Afrique de l'Ouest pour revenir ensuite vers l'Amérique centrale. Le second monte vers l'Atlantique nord, s'y refroidit et, ayant ainsi acquis une densité supérieure, plonge pour se transformer en courant profond. Ces eaux profondes retournent quant à elles à leur point de départ en descendant le long des côtes nord-américaines.

Selon les mesures effectuées au niveau du 25e parallèle, la première boucle de retour a gagné en intensité alors que la seconde a considérablement perdu. Un simple calcul de bilan permet alors de déduire la perte de débit du courant tiède qui contribue à tempérer le climat de l'Europe occidentale : de 20 millions de m3 par seconde en 1957, il est autour de 14 millions de m3 par seconde en 2004.

Ces chiffres doivent être pris avec précaution, selon plusieurs océanographes. "Les auteurs sont sérieux et présentent des résultats inédits, mais ils admettent eux-mêmes des marges d'erreur importantes", dit ainsi Alain Colin de Verdière, professeur d'océanographie physique à l'université de Brest. "Les mesures ont été faites sur une seule section et au cours d'une période très courte, environ un mois. Rien ne dit que ces mesures auraient été les mêmes deux mois ou un an plus tard."

De plus, remarque Didier Paillard, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, "l'océan est observé depuis peu de temps et nous n'avons pas le recul nécessaire pour avoir l'absolue certitude que les changements mesurés ne sont pas, par exemple, le fait de variations naturelles". D'autant que les auteurs se fondent sur seulement cinq mesures en un demi-siècle. Pour autant, malgré de possibles biais expérimentaux, les travaux de Harry Bryden coïncident avec toutes les observations menées jusqu'ici et n'étonnent pas les scientifiques.

"Nous observons depuis longtemps d'importants changements de salinité dans l'Atlantique nord et la difficulté qu'ont les eaux profondes à se former", dit ainsi Christine Provost, chercheur au Laboratoire d'océanographie dynamique et de climatologie. Cette réduction de la salinité dans l'Atlantique nord est généralement attribuée à l'augmentation des précipitations, à la réduction globale de la banquise et à la fonte des bords de la calotte de glace du Groenland — autant de facteurs liés au réchauffement. Moins salée, l'eau est moins dense : elle tend donc à demeurer en surface et à être moins remplacée par les eaux tièdes provenant du golfe du Mexique.


"SURPRISE CLIMATIQUE"


"Les implications de ces observations sont considérables", estime Detlef Quadfasel, chercheur à l'institut d'océanographie de l'université de Hambourg (Allemagne), dans un commentaire publié par Nature. "Les relevés paléoclimatiques montrent que les températures de l'hémisphère Nord peuvent s'effondrer de plus de 10 ºC en quelques décennies et que ces changements abrupts sont intimement liés à des interruptions de la circulation océanique."

Le ralentissement actuel est-il susceptible de contrecarrer, en Europe occidentale, le réchauffement de l'atmosphère ? "Ce serait la vision "optimiste" de la situation", estime M. Paillard. Une autre approche serait de penser que cela ne changera pas grand-chose à court et moyen terme, mais qu'un refroidissement important de l'hémisphère Nord pourrait survenir au siècle prochain. C'est ce que le GIEC a appelé en 2001 le possible effet de "surprise climatique". Et puisque la température terrestre moyenne augmente inexorablement, un tel scénario impliquerait un très fort réchauffement de l'hémisphère Sud.

Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 02.12.05

source http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-...6-716351,0.html

Autre article de Liberation qui va dans le même sens à propos de ces etudes.

Climat. Des océanographes ont observé l'évolution des courants marins.

Les étranges variations du débit du Gulf Stream

par Sylvestre HUET
QUOTIDIEN : vendredi 02 décembre 2005




A Montréal (Canada), diplomates et experts préparent depuis lundi l'arrivée des ministres, la semaine prochaine, pour la 11e Conférence des parties de la Convention climat de l'ONU. Pendant ce temps, les scientifiques s'acharnent à étudier les climats passés (lire ci-contre) et présents pour mieux en anticiper les changements futurs. Hier, ce sont les océanographes qui ont tiré la sonnette d'alarme : il se passe quelque chose de bizarre dans les profondeurs de l'Atlantique, affirme une équipe britannique (1).

Sur le même sujet
Un effet de serre sans précédent
Excédentaire. Harry Bryden, Stuart Cunningham et Hannah Longworth, du National Oceanography Centre, de Southampton, ont analysé les mesures effectuées lors d'une traversée de l'Atlantique en 2004. Une activité de routine : déjà, en 1957, 1981, 1992 et1998, un navire de recherche avait tiré un trait bien droit entre les Canaries et les îles Bahamas, près du 25e parallèle. Une traversée au cours de laquelle, à intervalles réguliers, ont été mesurées température, pression, salinité, vitesse et direction des courants de la surface au fond de l'océan, ce qui permet de mesurer, près de la Floride, l'intensité du Gulf Stream. Un courant de surface qui transporte un peu de la chaleur tropicale excédentaire jusqu'aux côtes européennes et scandinaves, participant ainsi à la douceur relative de leur climat. Mais aussi de mesurer le courant de retour : refroidie, l'eau apportée par le Gulf Stream plonge vers les abysses en mer du Labrador, entre Groenland et Scandinavie, puis repart vers le sud le long des côtes américaines. S'y ajoute une recirculation d'eaux chaudes de surface qui repart vers les Caraïbes en passant par les côtes africaines (voir ci-contre).

De 1957 à 1992, selon les océanographes, l'intensité de cette circulation à double sens ne semble guère avoir varié. En revanche, les mesures de 1998 et de 2004 indiquent un renforcement de la recirculation tropicale de surface, de l'Afrique vers les Caraïbes, et un affaiblissement du courant profond. En revanche, aucune mesure n'indique une diminution du Gulf Stream se dirigeant de la Floride vers l'Europe.

Interrogations. «Ces mesures sont précieuses, explique Thierry Huck (CNRS, laboratoire de physique des océans, Brest). Nous manquons de données répétées et précises pour s'affranchir des variations saisonnières et interannuelles de grande ampleur et mettre en évidence les tendances de longue durée. Mais il faut se garder d'en tirer des conclusions hâtives sur l'évolution du climat.» Si les mesures des océanographes britanniques sont si appréciées, c'est en raison des interrogations sur les modèles numériques utilisés dans les simulations informatiques du climat futur. La plupart semblent montrer que les courants océaniques pourraient réagir au réchauffement de l'atmosphère par l'augmentation de l'effet de serre provoqué par l'homme. Les simulations de l'institut Pierre-Simon-Laplace indiquent ainsi un ralentissement du transport de chaleur vers les côtes scandinaves à l'horizon 2100. Mais les climatologues aimeraient bien confronter ces simulations à des données océanographiques précises et non seulement à des épisodes analogues, lors des ères glaciaires, survenus dans des conditions très différentes. Ce qui suppose des mesures fournies par les navires de recherche, des stations dérivantes ou accrochées au fond des océans. Le travail des Britanniques s'inscrit dans cette quête mais ne la clôt pas, il va falloir «intensifier la densité et la fréquence des points de mesure», conclut Thierry Huck.

(1) Harry Bryden et al., «Nature» du 1er décembre 2005.




Source http://www.liberation.fr/page.php?Article=341936

Il semble qu'il commence à y avoir un changement dans la doctrine officielle du GIEC à propos du Rechauffement Climatique que j'appelle le bouleversement climatique.

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Message par Torrent le Lun 5 Déc - 7:02

Je choisis trois maps pour montrer ce qui se passe et aussi les reserves que l'on doit avoir car les centres d'action que sont les depressions et les anticyclones ont leur importance et influent sur le courant de surface.

Donc 1ere carte 24 Novembre 2004:

Ralentissement du Gulf Stream le scenario se precise... Psy1v2_20041124_20051_zMNATL_u_n0_t0

Ensuite 2e carte 23 Novembre 2005:

Ralentissement du Gulf Stream le scenario se precise... Psy1v2_20051123_20415_zMNATL_u_n0_t0

Les dates sont de la même période de l'année pour eviter des distorsions dues aux variations saisonnières, le courant de surface est maximal à l'Automne et minimal au Printemps.

On se dit, le courant de surface a bien diminué et c'est spectaculaire mais là haut en mer de Norvège c'est le contraire la DNA qui longe les côtes Norvegiennes est bien plus puissante qu'il y a un an.


Mais voici une 3e carte 30 Novembre 2005:

Ralentissement du Gulf Stream le scenario se precise... Psy1v2_20051130_20422_zMNATL_u_n0_t0

Conclusion, fausse impression sur la DNA car on voit une baisse spectaculaire en 1 semaine, en fait ce devait etre un flux de sud du à la depression qui nous envoyait du froid à ce moment là qui poussait le courant le long des côtes Norvegiennes.

Donc on doit prendre ces cartes là avec les precautions d'usage, pour moi elles montrent une baisse sensible de la circulation oceanique et là c'est du temps reel, il est important de suivre l'evolution dans le temps pour avoir une idée juste et qui lisse les phenomènes locaux dus aux deplacements des centres d'action.
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